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Actualités - Chronologie

Les mohajirs du Pakistan rêvent d'une normalisation

Les musulmans qui ont fui l’Inde pour le Pakistan il y a cinquante ans et leurs descendants sont nombreux à rêver d’une normalisation des relations entre les deux pays afin de pouvoir librement rencontrer ceux de leurs parents restés de l’autre côté de la frontière.

«J’aimerais voir les gens traverser la frontière sans visa», dit Mirza Abid Abbas, 75 ans, un habitant de Karachi, la grande métropole du sud pakistanais, dont le beau-frère et la belle-sœur vivent à Rampur, en Inde.
Lui-même s’est installé au Pakistan à la suite de la partition d’août 1947, date à laquelle les Britanniques ont accordé l’indépendance au sous-continent après l’avoir artificiellement coupé en deux Etats que trois guerres ont depuis opposés.
Le souhait de M. Abbas de voir s’apaiser les tensions politiques entre Islamabad et New Delhi, qui ont récemment ouvert des négociations en vue d’améliorer leurs rapports, est partagé par une bonne partie des autres mohajirs, du nom donné aux membres de cette communauté immigrée.
Shella Liaquat, une fillette lorsqu’elle a quitté l’Inde pour le Pakistan, juste après la partition, estime que «seules les familles divisées peuvent comprendre le traumatisme» que la situation actuelle engendre.
«Je n’ai pas pu assister au mariage de ma belle-sœur. je n’ai pas pu aller en Inde pour les funérailles de mon oncle et pour celles de deux cousins, dit-elle. J’ai pleuré, mais je n’ai pas pu faire grand-chose d’autre».
«Les dernières volontés de mon père étaient de voir ma plus jeune sœur, qui vit au Rajasthan (Inde), et elles n’ont pu être satisfaites. Et quand celle-ci a perdu son mari, je n’ai pas pu aller la consoler», raconte une autre mohajirs de Karachi, Raisa Khatoon.
La partition s’est soldée, entre avril et novembre 1947, par l’exode de 10 à 15 millions de personnes, les musulmans se dirigeant vers le nouveau Pakistan et le Bangladesh actuel, les hindous vers l’Inde actuelle.
Entre 500.000 et 2 millions de réfugiés périrent, massacrés sur les routes ou dans les trains qui les emmenaient loin de chez eux, par des bandes de musulmans d’un côté, d’hindous et de sikhs de l’autre.
Des atrocités dont le souvenir continue de hanter beaucoup de mohajirs.«C’est toujours comme un horrible cauchemar. J’ai vu des membres de ma famille se faire massacrer dans des affrontements entre hindous et musulmans. J’ai vu des femmes effondrées en larmes sur des cadavres», confie Mohammad Munawwar.
Aujourd’hui encore, des violences politiques et religieuses font régulièrement de nombreux morts à Karachi, où les mohajirs représentent désormais la majorité de la population, la plupart des immigrés musulmans venus d’Inde s’étant établis dans la province méridionale du Sind dont cette ville est le chef-lieu. (AFP)
Les musulmans qui ont fui l’Inde pour le Pakistan il y a cinquante ans et leurs descendants sont nombreux à rêver d’une normalisation des relations entre les deux pays afin de pouvoir librement rencontrer ceux de leurs parents restés de l’autre côté de la frontière.«J’aimerais voir les gens traverser la frontière sans visa», dit Mirza Abid Abbas, 75 ans, un habitant de Karachi, la grande métropole du sud pakistanais, dont le beau-frère et la belle-sœur vivent à Rampur, en Inde.Lui-même s’est installé au Pakistan à la suite de la partition d’août 1947, date à laquelle les Britanniques ont accordé l’indépendance au sous-continent après l’avoir artificiellement coupé en deux Etats que trois guerres ont depuis opposés.Le souhait de M. Abbas de voir s’apaiser les tensions politiques entre Islamabad et...