Ce chiffre d’affaires représente 8% des exportations mondiales et 5% du produit intérieur brut des Etats-Unis pour l’année considérée, indique le document, intitulé «Rapport sur les drogues dans le monde».
La consommation de drogue, même si elle ne touche encore que moins de 10% de la population du globe, a pris «une envergure mondiale» et ne cesse de s’aggraver, note le document.
Le cannabis reste la drogue la plus consommée dans le monde (140 millions d’amateurs) loin devant les drogues synthétiques (30 millions de personnes) dont la part ne cesse cependant de progresser.
Les consommateurs de cocaïne, dont 98% des approvisionnements mondiaux proviennent des pays andins (Pérou, Colombie et Bolivie), sont chiffrés à «au moins 13 millions de personnes». Les héroïnomanes sont estimés à huit millions.
La consommation de drogues par injection est constatée dans 100 pays dont 80 signalent des toxicomanes porteurs du virus du Sida, précise le document.
Côté fabrication, le rapport fait état d’un triplement depuis 1985 de la production du pavot à opium, une matière première de l’héroïne, dont près de 90% provient du Croissant d’or (Afghanistan, Iran et Pakistan) et du Triangle d’or (Laos, Birmanie et Thaïlande). La production annuelle du produit fini, l’héroïne, dépasse 300 tonnes dans les années 90.
La production de feuilles de coca, matière première de la cocaïne, a de son côté «plus que doublé depuis 1985». 300.000 tonnes de feuilles de coca ont été récoltées en 1996. la production de cocaïne semble accuser une baisse par rapport au niveau record de 1991/92, juge le document sans fournir de chiffres.
Rapport annuel
La moitié des cultures de coca, soit quelque 220.000 hectares, se trouvent au Pérou, l’autre moitié est à peu près également partagée entre la Bolivie et la Colombie.
En ce qui concerne les saisies, le trafic de cannabis reste de loin le plus important. Les saisies ont totalisé en 1995 3.000 tonnes pour les feuilles de cannabis, 1.000 tonnes pour la résine de cannabis, 251 tonnes pour la cocaïne et 31 tonnes pour l’héroïne.
Les saisies de cocaïne ont représenté dans les années 90 un tiers seulement du trafic de cette drogue.
Les saisies de drogues synthétiques, notamment celles d’amphétamines, ont connu une progression spectaculaire, augmentant en moyenne de 16% par an entre 1978 et 1993, indique le rapport sans avancer de chiffres bruts.
Les saisies de précurseurs, des substances chimiques utilisées surtout dans la fabrication de la cocaïne et dans une moindre mesure dans celles de drogues de synthèse, ont été opérées surtout en Colombie.
Le rapport de l’ONU a été publié à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues.
Il a été établi sous la responsabilité du PNUCID (Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues), l’un des services spécialisés de l’ONU avec la commission des stupéfiants et l’OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants).
Selon un porte-parole de l’ONU à Vienne, le PNUCID entend publier désormais chaque année un rapport sur la production, l’utilisation et le trafic de drogue dans le monde, utilisant toutes les sources d’informations disponibles publiques et privées.
Ce document sera distinct, selon le porte-parole, du rapport de l’OICS, publié chaque année en février/mars, qui est axé sur le respect des conventions internationales réglant le contrôle des drogues. (AFP)


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