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Actualités - Chronologie

Films à Ouagadougou

Au «ciné du secteur 20» à Ouagadougou, en périphérie de la capitale burkinabé, le Festival panafricain de cinéma (FESPACO) indispose les cinéphiles: loin des stars et des lampions, ils boudent une programmation qui perturbe leurs habitudes.
La salle du secteur 20, quartier de Tampoui, se résume à quatre murs de béton, dont l’un, fraîchement repeint de blanc, fait office d’écran, des rangées de bancs de pierre (150 F CFA la place soit 1,50 FF) ou de banquettes de bois inconfortables à 250 F CFA, et deux vieux haut-parleurs nasillards recouverts de poussière.
Malgré sa vétusté, ce cinéma de quartier fait chaque soir salle comble... sauf pendant le Fespaco, durant lequel les productions hindoues, l’inévitable Kung-Fu et les films d’action américains cèdent la place aux œuvres africaines.
L’autre soir étaient programmés «Laafi» de Pierre Yaméogo et «Yaaba» d’Idrissa Ouédraogo. Aucun de la petite bande de cinéphiles du quartier ne prévoyait d’aller «séancer» ce soir-là.
«Les films africains, c’est trop lent. Et ce qu’ils nous montrent, le village, les traditions, la sorcellerie, on connaît tout ça», explique Maxime, électricien dont la carte de visite précise qu’il travaille «dans l’atelier en face du ciné».
«Nous on veut voir des «films» façon western-là», ajoute Issaka, un autre membre de la bande.

Place à palabres

Ils ont entre 12 et 30 ans. Un peu voyous, ils prennent des poses choisies, comme dans les films de gangsters qui les font rêver.
«Dès qu’on gagne suffisamment, on est là. On s’arrange parfois avec le patron de la salle quand on n’a plus rien, on s’assoit toujours dans le même coin. Le cinéma, c’est notre place à palabres, le seul lieu animé du quartier», raconte Maxime.
Tous parlent avec un mélange de respect et d’ironie au vieux Issouf, le menuisier, dit «Hindou», qui comme eux est un fidèle spectateur du «ciné du secteur 20».
Tous les soirs depuis des années, Issouf regardait des films hindous. Il y a six mois, il a décidé d’arrêter.
«Les femmes étaient trop belles, je rêvais d’aller en Inde, je foutais tout «mon l’argent» dans le cinéma et puis le soir après le film, je ne comprenais plus rien à la vie», se rappelle Issouf, analphabète, qui a vu tous les films en version originale sans pouvoir lire les sous-titres.
Encouragé par les jeunes, il prend un micro débranché et entonne a capella une chanson indienne, les musiques des films dont il a acheté plus de 60 cassettes.
Un jour, Issouf s’est offert une séance dans un des cinémas «modernes» de la ville, où la place est à 750 F CFA. Là, malgré ses connaissances sommaires, il a compris les dialogues en français. Pour la première fois, le son était bon.
«On aime tellement le cinéma que même quand il pleut, on reste», dit Maxime, inconditionnel de Stallone, Van Damme et John Woo.
Avec sa bande de copains, Maxime attend que le Fespaco se termine pour retourner au cinéma. (AFP)
Au «ciné du secteur 20» à Ouagadougou, en périphérie de la capitale burkinabé, le Festival panafricain de cinéma (FESPACO) indispose les cinéphiles: loin des stars et des lampions, ils boudent une programmation qui perturbe leurs habitudes.La salle du secteur 20, quartier de Tampoui, se résume à quatre murs de béton, dont l’un, fraîchement repeint de blanc, fait office d’écran, des rangées de bancs de pierre (150 F CFA la place soit 1,50 FF) ou de banquettes de bois inconfortables à 250 F CFA, et deux vieux haut-parleurs nasillards recouverts de poussière.Malgré sa vétusté, ce cinéma de quartier fait chaque soir salle comble... sauf pendant le Fespaco, durant lequel les productions hindoues, l’inévitable Kung-Fu et les films d’action américains cèdent la place aux œuvres africaines.L’autre soir étaient...