Le dissident, Jin Cheng, «a été emmené par trois policiers en civil qui l’attendaient en bas de l’immeuble lorsqu’il partait au travail», a précisé Mme Liu Xiuli.
«Il a été embarqué à bord d’une voiture banalisée», a ajouté Mme Liu.
Ayant assisté à la scène, Mme Liu s’est rendue au commissariat de l’ouest de l’avenue de la Grande Paix, où on lui a confirmé que son époux était détenu. «On m’a dit que pour l’instant il ne pouvait pas quitter les locaux», a-t-elle raconté.
Jin Cheng, 38 ans, a déjà été interpellé jeudi dernier pendant quelques heures, pour avoir écrit une lettre au président du Parlement exprimant son indignation pour l’absence de résultats connus dans l’enquête concernant l’affaire Chen Xitong.
Chen Xitong, impliqué dans un scandale de corruption portant sur 2,2 milliards de dollars disparus des coffres de la municipalité de Pékin, a été démis de ses fonctions en 1995, mais il n’a jamais été déféré à la justice.
Il est actuellement sous stricte surveillance en Mongolie intérieure, en attendant que le Parti décide si l’ancien patron du PC de la capitale, qui était également membre du Bureau politique, est passible d’une simple sanction disciplinaire ou s’il doit être traduit en justice.
Selon des sources chinoises, le cas devrait être tranché à la veille ou pendant le XVe congrès du PC qui doit avoir lieu à l’automne.
«Tout le monde doit être traité équitablement par la justice», affirmait Jin Chen dans sa lettre.
«Les petits voleurs sont sévèrement punis, comme devraient l’être les hauts dignitaires corrompus. Mais deux ans après sa disgrâce, le cas de Chen Xitong traîne en longueur», ajoutait-il.
Jin Chen rappelait de même que M. Chen avait été également un ferme partisan de l’intervention de l’armée contre le mouvement démocratique de la place Tiananmen, écrasé dans le sang en juin 989.


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