Comme l’Inde, où les cérémonies de l’Indépendance se dérouleront le 15 août, le Pakistan est né de la partition du sous-continent opérée par les Britanniques au moment de leur départ de ces régions, fleuron de leur empire colonial.
Dans le but de remédier à une instabilité gouvernementale chronique et de conforter sa position, le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s’est empressé, après l’écrasante victoire aux législatives du 3 février de son parti, la Ligue musulmane du Pakistan (LMP), d’amoindrir les prérogatives du président du pays.
Ce dernier n’a ainsi dorénavant plus le pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’assemblée nationale, ni de démettre le chef du gouvernement: le Parlement, où la LMP dispose de la majorité parlementaire des deux tiers requise pour amender la constitution, a voté en juillet un amendement en ce sens.
La réforme est fondamentale dans le contexte local puisque, depuis qu’un régime civil a été restauré en 1985, les chefs de l’Etat successifs ont recouru à quatre reprises à la dissolution de la chambre et au limogeage du premier ministre. Notamment en novembre 1996, lorsque le président Farooq Ahmed Leghari a renvoyé Mme Benazir Bhutto, tandis que M. Sharif a lui aussi connu une telle mésaventure.
Les observateurs notent qu’avec cet amendement et la majorité dont son parti dispose à l’assemblée, M. Sharif jouit d’un pouvoir politique sans partage que seule l’armée, toujours omniprésente, serait éventuellement à même de limiter.
«Le nouveau climat pourrait bien permettre au gouvernement Sharif de devenir le premier à mener jusqu’à son terme son mandat de cinq ans», estime Ahmed Hassan, un analyste politique.
Mais beaucoup dépendra de la façon dont il fera face à la crise économique sans précédent que traverse le pays, avec un chômage élevé et une forte inflation, alors que les caisses de l’Etat sont pratiquement vides.
Résultat, le quart des 135 millions de Pakistanais — dont les deux tiers sont illettrés (77% chez les femmes) — vit dans un état d’extrême pauvreté, souligne un récent rapport du Centre de Développement de l’Homme, une organisation indépendante.
En outre, Nawaz Sharif doit faire face à la violence dans plusieurs provinces du Pakistan.
C’est le cas au Pendjab (est), théâtre d’une guérilla séparatiste des Sikhs qui avait fait quelque 25.000 morts entre 1983 et 1993, et où des incidents meurtriers continuent de se produire régulièrement. Selon la police, les récents attentats dans la région sont dus aux tensions entre groupes religieux sunnites et chiites.
Le premier ministre du Pendjab, Shabaz Sharif, frère de Nawaz Sharif, a, d’ailleurs, déclaré vendredi à Lahore que le gouvernement constituerait bientôt des tribunaux spéciaux pour que les «terroristes» soient rapidement jugés.
Autre zone de tensions, Karachi (sud), la plus grande ville du Pakistan. Au moins 400 personnes y sont mortes du fait de crimes et d’autres exactions depuis le début de l’année. (AFP)


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