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Actualités - Chronologie

Les sultans batailleurs de l'archipel des Comores

Les quatre îles de l’archipel des Comores ont été gouvernées séparément pendant des siècles par des sultans rivaux et «batailleurs», pour n’être finalement regroupées que sous la colonisation française, au début du XXe siècle.
Aujourd’hui, lorsqu’ils manifestent pour réclamer leur rattachement à la France, les habitants d’Anjouan et de Mohéli brandissent à côté des drapeaux français les couleurs de leurs anciens sultans.
A Mohéli, ils ont hissé le drapeau jaune et noir de la reine Fatima Djoumbé, la dernière à avoir régné sur l’île, avant la colonisation française.
Chaque île a une histoire différente, écrite au fil des querelles entre ces sultans, pour la plupart descendants de princes sunnites, chassés de Perse et de la péninsule arabique par les conquêtes chiites et venus s’installer en Afrique de l’Est et dans l’Océan Indien.
Les premiers seraient arrivés vers le Xe siècle aux Comores où, comme à Zanzibar, ils ont construit leurs fortunes sur le commerce d’esclaves et d’épices.
Anjouan a longtemps été partagée entre deux sultans, l’un à Mutsamudu, l’autre à Domoni, le royaume de l’un étant parfois conquis par l’autre, d’où des régimes uniques occasionnels. A la fin du XVIIIe siècle, l’un d’eux, Abdallah 1er, a recherché l’assistance des Britanniques pour asseoir son pouvoir, avant d’être malgré tout renversé.
A la fin du siècle suivant, le sultan alors au pouvoir à Anjouan a eu des démêlés avec les Britanniques, hostiles au commerce d’esclaves, et est allé trouver les Français, pour leur vendre Anjouan qui devenait alors protectorat français.
Entre-temps, alors que les Français cherchaient des colonies, le sultan de Mayotte, l’île la plus proche de Madagascar et la plus exposée aux pirates, avait conclu un accord avec eux: en échange de leur protection contre ses nombreux ennemis, une rente annuelle et une éducation pour ses enfants, il leur donnait l’île.
A Mohéli, un prince malgache en exil, Ramanetaka, est arrivé vers 1830 et, par un coup d’Etat, est devenu sultan de l’île. Sa fille, Fatima Djoumbé, lui a succédé et, selon la petite histoire, aurait eu une aventure avec un commerçant français, faisant passer une bonne partie de l’île sous contrôle français.
Après quelques dizaines d’années et de nombreuses péripéties, Mohéli devenait protectorat français.
A la Grande Comore, tiraillée entre plusieurs sultans — jusqu’à douze à une certaine époque — l’un d’eux a fini par prendre le dessus, avec le soutien des Français. En 1885, l’île devenait à son tour protectorat français, avant d’être annexée en 1908.
En 1912, les quatre îles étaient déclarées colonie française puis placées sous le contrôle des autorités en place à Madagascar, jusqu’en 1947, lorsqu’elles ont eu leur propre administration. En 1974, la Grande Comore, Anjouan et Mohéli votaient à une écrasante majorité en faveur de l’indépendance. Mayotte, la plus ancienne des possessions françaises, choisissait de le rester. (AFP)
Les quatre îles de l’archipel des Comores ont été gouvernées séparément pendant des siècles par des sultans rivaux et «batailleurs», pour n’être finalement regroupées que sous la colonisation française, au début du XXe siècle.Aujourd’hui, lorsqu’ils manifestent pour réclamer leur rattachement à la France, les habitants d’Anjouan et de Mohéli brandissent à côté des drapeaux français les couleurs de leurs anciens sultans.A Mohéli, ils ont hissé le drapeau jaune et noir de la reine Fatima Djoumbé, la dernière à avoir régné sur l’île, avant la colonisation française.Chaque île a une histoire différente, écrite au fil des querelles entre ces sultans, pour la plupart descendants de princes sunnites, chassés de Perse et de la péninsule arabique par les conquêtes chiites et venus s’installer en...