Au Japon par exemple, les centenaires sont 50 fois plus nombreux que dans les années 60.
Les démographes indiquent qu’au début des années 90, onze pays européens (Autriche, Belgique, Danemark, Grande-Bretagne, Finlande, France, Allemagne, Norvège, Suède, Italie et Suisse) comptaient environ 10.000 centenaires (contre seulement 809 en 1950) et quelque 12,4 millions de personnes de plus de 80 ans.
Aux Etats-Unis, le bureau de recensement fédéral fait état de 28.000 à 36.000 centenaires (14.000 en 1980), tout en admettant que ces chiffres sont sans doute exagérés. 7,7 millions d’Américains sont au moins octogénaires. Le Japon compte actuellement 7.300 centenaires et 3,5 millions d’octogénaires. Selon des projections d’ici 2020, ils seront plus de 43 millions à avoir plus de 80 ans dans ces 13 pays, soit près du double.
Utilité sociale
Les progrès de l’espérance de vie, dus aux progrès médicaux et aux meilleures conditions de vie, font augmenter le nombre de centenaires d’une manière exponentielle: 200 en France vers 1950, 5.000 à 6.000 aujourd’hui, et en principe 150.000 en 2050.
Cette affluence de ceux que les Anglo-Saxons appellent les «oldest old», et les Français les «vieux vieux», amène à s’interroger sur les limites de la vie humaine.
Cette tranche d’âge est en effet récente et mal connue: l’enregistrement, obligatoire en Grande-Bretagne, ne l’est pas dans d’autres pays et aux Etats-Unis l’absence de carte d’identité rend les statistiques dans ce domaine approximatives. Et le nombre des sujets de plus de 110 ans est de toute manière très faible, soulignent les démographes.
Mais l’augmentation du «quatrième âge» a de quoi occuper les chercheurs pendant de nombreuses années, car elle va amener nos sociétés à revoir leurs valeurs.
Sans évoquer les conséquences économiques du vieillissement, les sociétés vont progressivement se recentrer vers l’âge mûr, et «le plus difficile», selon Michel Allard, un spécialiste des centenaires, sera alors «de trouver à chacun une utilité sociale, une vraie place».
Le Dr Allard cite un modèle appelé à se développer, celui de la «grand-mère pivotale»: sexagénaire ou septuagénaire active, elle s’occupe à la fois de son mari, de ses petits-enfants et de ses parents âgés, tenant donc un rôle majeur dans la famille et la société.
Cette grand-mère illustre ce que les chercheurs américains appellent le «successful ageing» (vieillissement réussi), qui devrait effacer, en quelques générations, l’engouement pour la «juvénilité». (AFP)


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