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Actualités - Chronologie

La banque d'Angleterre relève ses taux

La Banque d’Angleterre a relevé jeudi ses taux d’intérêt pour la quatrième fois en autant de mois tout en laissant entendre qu’elle comptait en rester là pour un certain temps.

Le Comité politique monétaire de la Banque d’Angleterre, mis en place en mai dernier par le nouveau gouvernement travailliste, a relevé son taux directeur à 7,0% contre 6,75% auparavant.
Les analystes estiment que cette hausse est suffisante pour contenir l’inflation dans les limites fixées par le gouvernement (2,5%).
«Le message est clair: pour l’instant il est très improbable qu’un nouveau relèvement des taux intervienne en septembre», estime Ian Stewart (Merill Lynch).
Toutefois le rythme de la croissance économique et la vigueur de la demande interne montrent que les taux sont loin d’avoir atteint leur plafond et la Banque d’Angleterre devra encore resserrer sa politique monétaire d’ici la fin de l’année, ajoute-t-il.
La Banque d’Angleterre dans son communiqué a, contrairement à son habitude, insisté sur le fait que les taux d’intérêt avaient désormais atteint un niveau en accord avec son objectif d’inflation.
«Au vu des perspectives de la demande intérieure et sur la foi des éléments actuellement disponibles, le comité juge que le relèvement d’aujourd’hui s’impose pour parvenir à l’objectif d’une inflation de 2,5% à un horizon de deux ans», lit-on dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de deux jours du comité.
La fermeté du sterling impose des contraintes non négligeables aux entreprises exportatrices mais cette fermeté s’explique pour une bonne part par des facteurs indépendants des autorités monétaires, a-t-il ajouté.
Le comité entendait ainsi prévenir les marchés financiers qu’il ne fallait pas attendre de nouvelles hausses de taux dans l’immédiat.
La réaction des marchés tend à prouver qu’ils ont compris le message.
La livre sterling, qui a gagné plus de 25% sur les principales devises au cours des douze derniers mois, a reculé de près de deux pfennigs contre le mark à environ 2,99 contre 3,01 avant ce communiqué.
En Bourse de Londres, les valeurs ont relevé de tête et l’indice FTSE-100 a inscrit un nouveau record à 5.049,5 points, soit un gain de 13,3 points en quelques minutes.
Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Eddie George, qui préside le comité de politique monétaire, s’est publiquement inquiété de l’impact inflationniste des dépenses de consommation.
Mais certains économistes notent que la vague consumériste qui sévit actuellement outre-Manche est nourrie par des revenus exceptionnels (windfall gains), estimés à 35 milliards de sterling (£65 milliards) provenant des fonds mutualistes transformés en banques.
Leur effet devrait en grande partie disparaître en cours d’année, font-ils remarquer.
La Confédération de l’industrie britannique (CBI) n’a pas dissimulé son mécontentement.
«Si la vigueur de la consommation permet d’anticiper une forte croissance à court terme, il existe de plus en plus d’éléments qui montrent que la faiblesse du secteur des exportations ralentira le rythme de la croissance économique britannique en 1998», a regretté l’économiste en chef de l’organisation patronale, Kate Barker, dans un communiqué.
«La vigueur du sterling est aujourd’hui synonyme de graves problèmes pour de nombreuses sociétés. Nous craignons que ces difficultés ne soient aggravées au cours des prochains mois», a-t-elle ajouté. Les Chambres de commerce se sont également émues du relèvement des taux, «la dernière chose dont les exportateurs britanniques et leurs fournisseurs avaient besoin maintenant».
«Si le sterling, encouragé par la hausse des taux, poursuit sa progression, les bénéfices, l’emploi et l’investissement en souffriront de même que l’ensemble de l’économie britannique», a affirmé le vice-directeur général des Chambres de commerce, Ian Peters.
Enfin la confédération syndicale TUC (Trade Union Congress) a estimé que l’emploi était menacé par cette mesure, du fait du «maintien du sterling à un niveau élevé et (du) ralentissement de l’économie qui devrait s’ensuivre».
(Reuter)
La Banque d’Angleterre a relevé jeudi ses taux d’intérêt pour la quatrième fois en autant de mois tout en laissant entendre qu’elle comptait en rester là pour un certain temps.Le Comité politique monétaire de la Banque d’Angleterre, mis en place en mai dernier par le nouveau gouvernement travailliste, a relevé son taux directeur à 7,0% contre 6,75% auparavant.Les analystes estiment que cette hausse est suffisante pour contenir l’inflation dans les limites fixées par le gouvernement (2,5%).«Le message est clair: pour l’instant il est très improbable qu’un nouveau relèvement des taux intervienne en septembre», estime Ian Stewart (Merill Lynch).Toutefois le rythme de la croissance économique et la vigueur de la demande interne montrent que les taux sont loin d’avoir atteint leur plafond et la Banque...