La mission paraît plus difficile que jamais après le revers olympique d’Atlanta et les tendons d’Achille récalcitrants l’un après l’autre. Le droit l’avait privé des qualifications olympiques tandis que le gauche a retardé sa préparation pour le sommet d’Athènes.
«J’ai eu peu de temps pour me préparer», reconnaît Bubka dont c’est la première grande compétition de la saison. «Heureusement, ce n’est pas le pied d’appel qui est en cause. Il faudra quand même que j’accepte de concourir avec une appréhension. J’essayerai de faire de mon mieux et je m’attends quand même à un bon résultat sinon je ne serais pas venu».
Ses malheurs olympiques à Atlanta, mais avant à Barcelone (0 pointé), constituent probablement sa source de motivation. Tout comme le désir de faire flotter les couleurs de l’Ukraine dont il «est vraiment très fier», même s’il a préféré s’installer, avec son épouse et ses deux fils, d’abord en Allemagne puis à Monaco.
La pression sur Tarasov
Et c’est seulement si les revers s’accumulent qu’il rangera ses perches avant les Jeux de Sydney, car il souhaite secrètement offrir à l’Ukraine un titre olympique. «Je vais essayer de continuer jusqu’aux Jeux de l’an 2000 puis me retirer», explique-t-il.
Les hauteurs vertigineuses, qu’il a cotoyées tant de fois dans sa carrière, Bubka semble désormais s’en moquer. «Cela peut être 5m, ça ne me dérange pas. L’important c’est de gagner le titre», affirme l’homme qui a passé plus de 40 fois la barre des 6m et posé son empreinte sur le record mondial depuis... 1984!
Habilement, le «tsar» de la perche, comme il fut surnommé du temps où il défendait les couleurs de l’ex-URSS, rejette la pression sur Maxim Tarasov, couronné à Barcelone et qui a rejoint le club très fermé des perchistes ayant passé les 6m, le 16 juillet dernier à Nice.
«Tarasov est en pleine forme et je peux dire qu’il est le favori», glisse-t-il avec un sourire malicieux. «Ma condition physique s’améliore de jour en jour. Mais je ne veux pas en dire plus...» Comme si le rusé ukrainien préparait un coup à sa manière... (AFP)


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