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Actualités - Chronologie

Regain d'activité des sectes en France

Les sectes s’activent de nouveau en France, suscitant de vives réactions dans les lieux de leurs rassemblements et ranimant le débat sur les moyens de lutter contre les excès de certaines d’entre elles.

Après une semaine de super-show de télé-évangélistes américains et la polémique sur la scientologie à laquelle un tribunal a reconnu la qualité d’une église, un grand rassemblement des Témoins de Jéhovah organisé le week-end dernier près de Paris, a soulevé des protestations, à trois semaines de la visite du pape en France.
Plus de 30.000 adeptes de cette secte qui rejette drogue, tabac, avortement, refuse les dons de sang et prédit régulièrement la fin du monde, tenaient leur assemblée régionale annuelle, la dernière des 21 organisées en juillet à travers le pays. 160.000 personnes avaient participé à ces «grands-messes» l’an dernier.
Le mouvement, fondé au XIXe siècle à Pittsburgh (Etats-Unis) par Charles Taze Russell, qui revendique 220.000 fidèles en France et 13 millions dans le monde, a été classé parmi les sectes de type «apocalyptique» par une commission parlementaire française, mise sur pied après le massacre de 16 membres de l’Ordre du Temple solaire dans le massif du Vercors (est), en décembre 1995. Elle a répertorié 172 sectes en France rassemblant plus de 400.000 adeptes et sympathisants.
Autre mouvement dénoncé comme secte par cette commission, l’Eglise de scientologie, est revenue sur le devant de la scène après une décision de justice lui reconnaissant ce titre et le droit de développer ses activités en France.

Jospin préoccupé

Le gouvernement a refusé de traiter comme une religion la scientologie, fondée en 1954 par un auteur américain de science-fiction, Lafayette Ron Hubbard sur les principes de la «dianétique» qui permet à l’homme de guérir lui-même ses troubles en «libérant» son esprit.
Le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement a déclaré qu’il n’envisageait pas d’accorder à la scientologie, qui a pignon sur rue aux Etats-Unis et revendique plusieurs millions d’adeptes, dont 40.000 en France, les exonérations fiscales octroyées aux religions établies.
Le premier ministre Lionel Jospin s’est néanmoins dit «préoccupé» par cette affaire qui a suscité de très vives réactions des adversaires des sectes.
Elle a aussi ranimé le débat sur les moyens de lutter contre les excès de certaines sectes, à l’origine des suicides au Temple solaire (73 morts en Suisse, en France et au Canada), de la mort de plusieurs Témoins de Jéhovah après avoir refusé d’accepter une transfusion sanguine, ou encore du suicide d’un adepte incapable d’honorer les exigences financières de la scientologie, comme cela est reproché au gourou lyonnais Jean-Jacques Mazier.
Enfin, les «grands-messes» du télé-évangéliste américain Morris Cerullo, promettant les guérisons miraculeuses aux milliers de «croyants de toute foi» venus l’écouter près de Paris, ont suscité l’indignation des élus locaux qui ont demandé l’interdiction de telles réunions.
Cet héritier de Bill Graham, prédicateur californien propriétaire d’une chaîne de TV aux Etats-Unis et présent sur Internet, a fait bondir le président d’un centre de lutte contre les manipulations mentales, Alain Vivien. «Si la crédulité n’est pas un délit, les pratiques de ces prétendus guérisseurs devraient être poursuivies pour exercice illégal de la médecine», a-t-il estimé.
Les possibilités de contrer l’activité des sectes sont en effet très limités en France dont les autorités sont opposées à la création d’un dispositif législatif spécifique au nom du principe de «la liberté de conscience» établi avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905.
Pressé par les adversaires des sectes, l’ancien premier ministre gaulliste Alain Juppé a mis en place fin 1996 un observatoire interministériel, qui doit tous les ans faire des propositions au gouvernement pour mieux lutter contre les dérives sectaires. (AFP)
Les sectes s’activent de nouveau en France, suscitant de vives réactions dans les lieux de leurs rassemblements et ranimant le débat sur les moyens de lutter contre les excès de certaines d’entre elles.Après une semaine de super-show de télé-évangélistes américains et la polémique sur la scientologie à laquelle un tribunal a reconnu la qualité d’une église, un grand rassemblement des Témoins de Jéhovah organisé le week-end dernier près de Paris, a soulevé des protestations, à trois semaines de la visite du pape en France.Plus de 30.000 adeptes de cette secte qui rejette drogue, tabac, avortement, refuse les dons de sang et prédit régulièrement la fin du monde, tenaient leur assemblée régionale annuelle, la dernière des 21 organisées en juillet à travers le pays. 160.000 personnes avaient participé à ces...