Avec 960 millions d’habitants, l’Inde constitue un sixième de l’humanité. Sur la scène sportive internationale, c’est un nain.
Cinquante ans après son indépendance, le deuxième pays du monde en nombre d’habitants après la Chine peut se prévaloir de quelques médailles d’or olympiques poussiéreuses, un vieux titre de champion du monde de cricket, deux finales de Coupe Davis, et c’est à peu près tout.
Trois sports dominent: l’incontournable cricket — le plus vivant aspect de l’héritage colonial britannique — le hockey sur gazon et le tennis. On regarde Michael Jordan à la télévision mais le basket-ball n’est quasiment pas pratiqué. L’Inde est le 116e pays au classement du football mondial.
Un seul «dieu» des stades: Sachin Tendulkar, capitaine de l’équipe nationale de cricket.
L’autre idole de nombre d’enfants indiens n’est pas footballeur ou basketteur. Il s’appelle Bill Gates.
Seuls les vieux fans se rappellent la domination indienne sur le hockey sur gazon mondial, entre 1928 et 1950, ou les exploits tennistiques des frères Amritraj, dont Leander Paes, médaille de bronze à Atlanta, a bien du mal à assurer la succession.
La superstar du cricket pakistanais Wasim Akram propose l’explication la moins charitable à ce blason peu glorieux: «Nous avons le talent, mais pas d’administration, l’Inde a l’administration mais pas le talent».
Kapil Dev, qui fut capitaine de l’équipe d’Inde championne du monde en 1983, est aussi franc: «Nous avons le talent mais les sportifs ont le trait commun à toute la nation: ce sont des tire-au-flanc».
Pour Amrit Mathur, secrétaire indien aux Sports, l’explication est socio-économique: «Cette histoire d’un pays de 960 millions d’habitants sans médaille, c’est de la foutaise. Seul un quart de ces gens savent ce qu’est le sport international. Les autres tentent de survivre. Le facteur socio-économique l’emporte sur tous les autres. Nous ne serons jamais une superpuissance sportive».
Il est vrai que 300 millions d’Indiens vivent sous le seuil de la pauvreté, qu’il manque d’infrastructures sportives, de fonds, de dirigeants qualifiés, d’incitations financières.
Ce n’est pourtant pas les effectifs qui manquent. Le moindre espace vert est bourré de petits joueurs de cricket. Le potentiel est énorme. Mais le talent sans la préparation n’est plus suffisant dans le sport professionnel. (AFP)


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