Des douzaines de sites se sont ouverts, la plupart cette année, offrant tous les jeux classiques du casino, la roulette, le poker, le baccarat, mais aussi les jeux de courses et les paris sportifs.
«Il y a un énorme potentiel rien qu’en raison du nombre d’internautes», souligne Joseph Paravia, président de la société californienne Virtual Gaming Technologies, qui vient d’ouvrir un site consacré aux jeux du casino.
Sue Schneider, journaliste pour un magazine spécialisé «on line» et présidente de l’Interactive Gaming Council, qui cherche à réglementer les paris sur la Toile, estime le nombre de sites de jeux d’argent à une trentaine. Mais d’autres parlent de 200 au moins.
Pour jouer, il faut créer un compte auprès d’une banque off-shore ou utiliser diverses méthodes de paiement numérique, voire, plus simplement, des cartes de crédit. Les gains se transfèrent de la même manière.
les données financières sont rares, mais Sue Schneider estime que le marché des jeux sur l’Internet atteindra en l’an 2000 quelque 8,5 milliards de dollars.
«Nous pensons que le marché est énorme», confirme de son côté Peter Demos, président de World Wide Web Casinos, également basé en Californie, soulignant qu’il reçoit des milliers de consultations chaque jour. Son site offre 15 casinos virtuels, en cinq langues dont le mandarin et le cantonais.
La plupart des sites ont été créés en Australie, en Asie et dans les Caraïbes, où les jeux d’argent sont légaux.
Téléphone
interdit
Aux Etats-Unis, où le casino, à l’exception des loteries d’Etat ou des jeux de courses, est interdit dans de nombreux Etats, la controverse s’amplifie à mesure que l’engouement pour les jeux sur Internet augmente.
Peter Demos refuse les paris venant du Minnesota ou du Missouri où ils sont illégaux. Un opérateur a été récemment inculpé dans le Missouri pour avoir pris des paris illégaux. Le Wisconsin et le Minnesota envisagent aussi de durcir encore la législation à ce sujet.
«Parier sur l’Internet est un très mauvais pari», avertit Jim Haney, porte-parole du ministère de la Justice du Wisconsin. «Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, vous n’avez aucune garantie que les jeux sont équitables et ne sont pas manipulés, et vous ne savez pas à qui vous adresser si vous vous êtes fait duper», remarque-t-il.
Les autorités fédérales restent pourtant impuissantes à contrôler ces activités.
«Si les opérations de jeux se réalisent off-shore, nous n’avons pas juridiction», souligne un porte-parole du département de la Justice, John Russell. Mais, ajoute-t-il, «toute l’affaire autour des paris est en cours d’examen (...). Il existe une loi qui interdit l’usage du téléphone pour prendre des paris».
Les observateurs s’inquiètent aussi de la vitesse avec laquelle les joueurs peuvent perdre de l’argent. «Les joueurs peuvent perdre de 20 à 25 dollars par minute», indique Elio Masie, directeur d’un centre de recherche technologique qui a étudié la question. «Pour ceux qui sont intoxiqués au jeu, cela peut être grave», note-t-il.
Mais, souligne-t-on dans les milieux spécialisés, le «casino virtuel» peut difficilement fermer. Hors Internet, «c’est un marché de 550 milliards de dollars» aux Etats-Unis, relève Albert Angel, vice-président du Interactive Gaming Council. Selon lui, le jeu en-ligne «est ici pour rester». (AFP)


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