Les logements avaient été construits sans autorisation par des Palestiniens, ce qui est jugé illégal par les forces d’occupation. Les autorités israéliennes ont pour politique constante de délivrer les permis de construire au compte-goutte aux Palestiniens.
Dans le camp de réfugiés de Shouafat, la famille Korshan, qui vit à 45 personnes dans un logement de deux pièces, avait pratiquement terminé la construction d’une maison de 2 étages sur 500m2 lorsque les bulldozers sont arrivés.
«C’est une vengeance (du premier ministre Benjamin) Netanyahu en raison de l’attaque du marché», qui a fait 15 morts, dont les deux auteurs et 150 blessés, mercredi dernier à Jérusalem-Ouest, affirme à l’AFP Issam Korshan, 32 ans.
La famille affirme qu’elle avait demandé en vain à la municipalité israélienne la permission de reconstruire la maison principale, détruite il y a deux ans par l’explosion d’une bonbonne de gaz.
Des dizaines de policiers ont investi le quartier pour prévenir toute tentative de manifestation de protestation.
Des femmes pleurent. «Où sont les Arabes» crient-elles. «Où est Gamal Abdel Nasser (l’ancien président égyptien) qui disait que tout ce qui est pris par la force doit être repris de force?».
Quelques kilomètres plus loin, dans le quartier palestinien d’Issawiya, les bulldozers ont détruit une maison construite par Moufida Diab, une femme de 44 ans qui a été abandonnée par son mari et vit avec ses six enfants.
Elle raconte qu’elle habite dans un appartement loué que le propriétaire lui a demandé d’évacuer et qu’elle n’avait d’autre choix que de se faire construire un logement, malgré l’absence de permis de la municipalité.
Dans le quartier d’Al-Tour, près du Mont des Oliviers, les forces israéliennes ont rasé la maison que venaient d’achever deux frères, Nabil et Mohammed Awdeh. Ils ont affirmé avoir frappé à de nombreuses reprises à la porte de la municipalité pour obtenir une autorisation, en vain.
Le principal dirigeant palestinien de Jérusalem, M. Fayçal Husseini, a vivement condamné les destructions. «La municipalité se livre à une escalade pour détruire ce qui reste du processus de paix», a-t-il dit en mettant en garde contre les conséquences «très dangereuses» de cette politique.
Un responsable de la municipalité, M. David Biton, a catégoriquement démenti tout lien avec l’attentat anti-israélien de la semaine dernière.
Selon un autre porte-parole de la municipalité, «la mairie est prête à accorder des permis de construire mais les Palestiniens ne viennent pas les réclamer». (AFP)


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