Ce surnom est une allusion au raz-de-marée électoral du 23 mai qui lui a permis de remporter 69% des voix et de défaire son principal adversaire, le président conservateur du Parlement, Ali Akbar Nategh-Nouri.
Ce religieux, contraint de quitter le gouvernement en 1992 sous la pression des ultra-conservateurs, est passé en quelques mois d’un oubli quasi-total à une victoire écrasante.
M. Khatami est soutenu par une coalition de modérés proches du président sortant, issue de la technocratie moderniste du pays, ainsi que par la gauche radicale, qui a dominé l’Iran durant les dix premières années de la révolution.
Homme de sérail longtemps dans l’ombre de Khomeiny dont il a été ministre de la Culture pendant sept ans, M. Khatami est réellement venu sur le devant de la scène à partir de 1989, au début du premier mandat du président Rafsandjani.
Profitant de la bouffée d’air apportée par la fin de la guerre contre l’Irak en 1988, il laisse alors chez de nombreux intellectuels et artistes le souvenir d’un homme cultivé soucieux d’ouvrir le rigide appareil de censure du pays, en particulier en matière d’édition et de musique.
La montée en force de la faction conservatrice, partisane d’une reprise en mains idéologique sur la base des valeurs islamistes strictes, le contraint à la démission et à une «traversée du désert» de cinq ans comme simple directeur de la Bibliothèque nationale.
M. Khatami est hodjatoleslam (preuve de l’islam) dans la hiérarchie religieuse chiite, soit le rang juste en-dessous de celui d’ayatollah (signe de Dieu). Son père, religieux également, était chargé de la prière à la grande mosquée de Yazd (centre).
L’allure réservée, la barbe soignée et la mise toujours impeccable, il porte comme l’imam Khomeiny le turban noir des «seyyed», ceux qui revendiquent un lien d’hérédité avec le Prophète Mahomet, un atout dans les campagnes et les milieux traditionnels.
La jeunesse iranienne — l’Iran compte 30 millions de moins de vingt ans, soit la moitié de la population — les intellectuels et les femmes ont été particulièrement réceptifs à son discours sur le renforcement de l’Etat de droit, de la société civile et le respect des droits de l’Homme.
Père de trois enfants, il a dirigé quelques temps avant la révolution de 1979 le centre islamique iranien à Hambourg (nord de l’Allemagne) et connaît l’anglais, l’allemand et l’arabe.
Sa campagne a été soutenue sans réserve par le très moderniste maire de Téhéran Gholamhossein Karbatschi. Son entourage comprend d’autres personnalités de l’aile modérée du régime, comme le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakhch ou la fille cadette du président Rafsandjani Faézeh Hachémi.
Mais M. Khatami a aussi le soutien de la gauche radicale, dont il est issu, qui a largement influencé les premières années de la révolution dans un sens anti-occidental et favorable à l’économie dirigiste.
Parmi ses soutiens on trouve l’hodjatoleslam Mohammad Khoenia, ancien porte-parole des preneurs d’otages de l’ambassade américaine, ou l’hodjatoleslam Ali Akbar Mohtashémi, l’homme qui a bâti les réseaux pro-iraniens au Moyen-Orient dans les années quatre-vingt. (AFP).
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