Voici deux lettres adressées, la première au Comité du Festival de Baalbeck, l’autre à la présidente du Festival de Beiteddine, Nora Joumblatt:
• Il est des moments magiques, des instants grandioses, des minutes que l’on ne sent plus couler, Le Festival de Baalbeck, dans la mémoire de ceux qui en ont suivi le parcours, et dans le rêve de ceux qui en ont entendu les échos, était censé procurer cette sorte d’osmose avec le temps.
Le concert de Rostropovitch a privé une grande partie du public d’une tranche du bonheur escompté.
Non, le grand virtuose n’a point failli, l’orchestre non plus, le ballet des archets, sous la baguette magistrale du Maestro le prouvait au regard. Peut-être notre ouïe a-t-elle perdu de sa sensibilité, car passé la dixième rangée, les marches du temple de Bachus n’ont pas résonné.
Le cou si tendu que nos vertèbres en ont craqué, nous avons perçu des plages de silence et de ce concert n’avons entendu que la moitié.
Ceci n’est pas une critique, en d’autres lieux, le public aurait sans doute marqué sa déception, mais dans ces ruines féeriques, vestiges du passé, nous avons seulement souhaité au festival la pérennité...
Dolly TALHAMÉ
• Avec le comité du Festival de Beiteddine, vous avez accompli madame la présidente, au fil des ans, un travail remarquable qui vous permet d’accueillir des artistes de grande renommée et d’offrir au public libanais des spectacles d’un niveau international. Merci.
Mais, car il y a un mais, ce festival ne sera jamais qu’un festival de niveau local si les artistes qui s’y produisent, et le public discipliné, n’y sont pas respectés.
A chaque représentation, et surtout à chaque récital, nous subissons durant presque une heure les conséquences des retardataires dans un calvaire de craquements et de grincements des estrades en bois. Rien ne justifie que l’on soit obligé de subir quelques dizaines de personnes qui se permettent d’arriver très en retard. L’année passée, lors du récital de Barbara Hendricks, ce calvaire a duré plus d’une heure et une dispute entre des spectateurs excédés et les scouts a été évitée de justesse. Les artistes, plus que nous encore, sont certainement extrêmement gênés par ce manque d’organisation. Le même phénomène s’est reproduit lors du merveilleux concert de Dee Dee Bridgewater et Wilhelmenia Fernandez. Ces mêmes spectateurs irrespectueux ne se permettraient jamais d’arriver en retard à Paris, Londres, New York car ils savent que le spectacle commencera à l’heure et qu’ils devront attendre l’entracte pour accéder à la salle.
Il suffit de sévir une fois pour que votre réputation de fermeté soit faite et éviter ainsi de gâcher une partie du plaisir.
Pour que vos soirées soient inoubliables, ce qu’elles méritent, sévissez. S’il vous plaît.
Claude ASFAR


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