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Actualités - Chronologie

Le rêve secret de Kipketer

«Personne ne peut le battre». Venant de Sergueï Bubka, un connaisseur en matière d’invincibilité, la remarque situe la place d’archi-favori accordée à Wilson Kipketer, ce Danois d’origine kenyane, bien installé sur le trône du 800 mètres et qui compte bien coiffer une deuxième couronne mondiale à Athènes.
A 24 ans, il est plus que jamais considéré comme invincible, un peu comme Michael Johnson ou la «Dream Team» de basket-ball, auxquels on aurait pu remettre l’or olympique avant le début des compétitions d’Atlanta. «Il ne s’agit pas que d’une course», fait-il toutefois remarquer. «Nous sommes soixante au départ, il faut jouer le jeu et passer les tours».
Ce statut à part a été renforcé par un début de saison époustouflant, marqué par la conquête du titre mondial en salle avec deux fois le record du monde à la clé, et surtout par ses 1 min 41 sec 73/100 du 8 juillet à Stockholm où il a égalé la marque du Britannique Sebastian Coe, ex-dieu de la piste, qu’il n’a jamais rencontré mais avec lequel il parlerait volontiers de... 800 mètres.
Brillant sur la piste, Kipketer l’est moins devant les micros. Il se contente de réponses très sèches, et réplique parfois par d’autres questions, attitude face à laquelle son interlocuteur reste désemparé mais qui entraîne souvent les éclats de rire des autres.
Morceaux choisis: «Qu’est-ce qui vous énerve...? Rien». «Que pensez-vous de la barre des 1 min 40?... Que dois-je en penser?» «Quel est le 800 mètres parfait?... Il n’y en a pas!»

Revanche

En fait, il est tout le temps sur la réserve et évite de se dévoiler. De dévoiler le Kipketer qui a grandi à Kabfadet, est allé à l’école Saint Patrick, où d’autres compatriotes de talent ont commencé leur carrière. Il n’évoque même que du bout des lèvres le Père Colin O’Connell, ce prêtre-enseignant-entraîneur qui a fait de lui un des juniors les plus prometteurs d’Afrique.
Il ne veut pas non plus évoquer sa grande décision, celle d’opter pour les couleurs danoises. «C’est ma décision et vous ne pourriez pas la comprendre», lance-t-il. «Toutefois je ne suis pas parti parce que je n’aimais pas le Kenya, mais pour faire des études».
Seulement voilà, il est resté au Danemark et s’il put offrir le titre mondial à son nouveau pays en 1995 à Goeteborg, il fut privé du voyage olympique lorsque son engagement fut bloqué par la Fédération kenyane. Les Jeux d’Atlanta, il les a suivis à la télévision, assistant au sacre du Norvégien Vebjoern Rodal sur «sa» distance.
Des regrets? «Non, répond-il sans hésiter. J’avais pris ma décision et il me fallait en payer le prix». On peut cependant parier qu’il a en lui un appétit de revanche et que le record du monde pourrait bien devenir son unique propriété, même si là encore il ne souhaite parler que du titre.
Peut-être réaliserait-il ainsi ce rêve qu’il a en tête «mais que je ne dévoilerai pas avant de l’avoir réalisé». (AFP)
«Personne ne peut le battre». Venant de Sergueï Bubka, un connaisseur en matière d’invincibilité, la remarque situe la place d’archi-favori accordée à Wilson Kipketer, ce Danois d’origine kenyane, bien installé sur le trône du 800 mètres et qui compte bien coiffer une deuxième couronne mondiale à Athènes.A 24 ans, il est plus que jamais considéré comme invincible, un peu comme Michael Johnson ou la «Dream Team» de basket-ball, auxquels on aurait pu remettre l’or olympique avant le début des compétitions d’Atlanta. «Il ne s’agit pas que d’une course», fait-il toutefois remarquer. «Nous sommes soixante au départ, il faut jouer le jeu et passer les tours».Ce statut à part a été renforcé par un début de saison époustouflant, marqué par la conquête du titre mondial en salle avec deux fois le...