«Nous avons l’intention de conduire une révolution dans l’aéronautique exactement comme la révolution que nous avons connue dans l’espace», a déclaré vendredi le directeur de l’Agence nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA), Daniel Goldin, au congrès de l’Association des avions expérimentaux (EAA), au festival de l’aviation d’Oshkosh (Wisconsin).
Cette révolution se traduira par des améliorations spectaculaires tant en matière de sécurité, de bruit et d’émissions polluantes que par l’apparition d’équipements et de machines-outils qui réduiront de moitié le temps nécessaire au développement de nouveaux appareils.
Selon Daniel Goldin, qui a pris les rênes de la NASA il y a cinq ans, l’agence «a oublié l’aéronautique pour ne se concentrer exclusivement qu’à l’espace ».
Or, au cours des trente dernières années, les Etats-Unis ont perdu 1% de parts de marché sur le marché mondial de l’aviation légère. En 1992, 650 avions, hors appareils commerciaux et militaires, ont été vendus contre 18.000 à la fin des années 1970, a souligné M. Goldin.
La NASA elle-même a dû absorber et faire face aux restrictions budgétaires imposées par le Congrès.
Partenariat
Pour relancer la machine, l’administration spatiale s’est ainsi lancée dans un partenariat unique avec l’industrie aéronautique, la recherche et l’Administration fédérale de l’aviation (FAA).
Le consortium, qui a adopté le nom d’AGATE (Advanced General Aviation Transport Experiments), prévoit de livrer annuellement 10.000 avions d’ici dix ans et 20.000 avions (hors appareils militaires et commerciaux) d’ici 20 ans.
C’est dans ce cadre que la NASA a dévoilé vendredi un nouvel avion révolutionnaire, le V-Jet II, un appareil à turbopropulseurs réalisé entièrement en alliages et destiné à tester de nouveaux systèmes légers de turbopropulsion.
«Le V-Jet II marque un tournant dans l’histoire de l’aviation», à déclaré Daniel Goldin.
«Les sociétés américaines ne peuvent regagner la première place dans le secteur de l’aviation générale (légère) qu’en développant des appareils qui allient des designs innovants à des technologies révolutionnaires de pointe qui assurent la sécurité des pilotes et des passagers et améliorent les performances des appareils à des coûts raisonnables», a-t-il ajouté.
Le V-Jet II, construit par Scaled Composites, basée en Californie, a été développé pour tester ses nouveaux moteurs à turbines FJX-2, actuellement développés par la NASA et l’industrie aéronautiques dans le cadre d’une programme de coopération (GAP). Ces essais sont prévus d’ici à l’an 2000.
«Nos objectifs sont de développer le système de turbopropulsion le moins sonore, le moins polluant et le plus léger de l’aviation pour les appareils avec pilotes», a déclaré le président de la société du Michigan, Williams International, Sam Williams, concepteur de V-Jet II.
«Nous espérons pouvoir être capables de fixer les prix de ces moteurs suffisamment bas pour stimuler l’expansion rapide de l’industrie de l’aviation légère aux Etats-Unis», a-t-il ajouté.

