Todd McCormick, 27 ans, risque jusqu’à dix ans de prison après avoir été accusé par la justice fédérale de culture illégale de marijuana.
La police avait saisi la veille 4.116 plants de marijuana dans une luxueuse villa du quartier de Bel Air, à Los Angeles, non loin des résidences d’Elizabeth Taylor et de l’ex-président Ronald Reagan.
Ses partisans ont aussitôt clamé leur volonté d’aller jusqu’à la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire américaine, pour faire reconnaître leur droit. Ils ont engagé pour les y aider Alan Isaacman, l’avocat dont le combat victorieux en faveur de Larry Flynt, le fondateur de la revue pornographique Hustler, vient d’être porté au cinéma.
Le problème découle de la contradiction entre la loi de Californie et celle des Etats-Unis d’Amérique.
En novembre, les électeurs californiens ont approuvé par référendum la proposition 215, qui autorise certains patients, munis d’une ordonnance médicale, à se procurer de la marijuana, notamment pour atténuer leurs souffrances.
Mais l’usage de la marijuana demeure un crime aux yeux de la loi fédérale et la Maison-Blanche, craignant que cette loi n’ouvre la voie à une invasion de drogue, avait aussitôt mis en garde les médecins contre des activités toujours illégales à ses yeux.
Un expert
Todd McCormick, a expliqué son avocat «pense qu’il a le droit d’utiliser (la drogue) à des fins médicales d’après la proposition 215». Mais, a rétorqué le juge fédéral James McMahon, «il n’a pas le droit de le faire d’après la loi fédérale».
Selon ses proches, Todd McCormick souffre depuis qu’il a 2 ans d’une rare forme de cancer et il a commencé à prendre de la marijuana à l’âge de 9 ans. «Les médecins ont sauvé la vie de Todd mais le cannabis a préservé sa santé», a déclaré sa mère, Ann McCormick, dans une interview au «Los Angeles Times».
La villa qu’il louait depuis février pour 6.000 dollars par mois était emplie de plants de marijuana, d’une valeur estimée à 20 millions de dollars. «On pouvait (les) voir à travers les fenêtres, a déclaré le shérif du comté, Sherman Block. La marijuana poussait sur le patio, dans le jardin, partout».
Pour ses partisans, Todd McCormick est un expert dans son domaine. Il avait reçu une avance pour écrire un livre sur la marijuana et il envisageait de lancer un magazine sur ce sujet.
Richard Cowan, ancien directeur de l’Organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana, a déclaré au «Los Angeles Times» que «Todd est une des personnes les mieux informées au monde dans le domaine du cannabis». «Son arrestation, et la perte des plants qu’il cultivait, est une tragédie», selon lui.
D’après les autorités, Todd McCormick fournissait les clubs californiens qui délivrent de la marijuana à certains malades. Le patron du Cannabis Club de San Francisco, Dennis Peron, a indiqué qu’il s’apprêtait effectivement à lui acheter de la marijuana.
Mais, selon Dennis Peron, Todd McCormick essayait surtout «d’améliorer la qualité des plants». «Il fait des croisements et cherche à obtenir la plus pure qualité possible», a-t-il ajouté.
C’est la raison pour laquelle il y avait autant de plants à son domicile, a expliqué son avocat: «Il faisait des expériences avec diverses variétés, tentant d’établir lesquelles ont le meilleur effet médical».
Apparemment sceptique, le shérif Sherman Block a ironisé: «Avec 4.000 plants, il doit être en pleine santé». (AFP)


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