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Actualités - Chronologie

L'armée populaire veut renforcer sa capacité en mer de Chine

Le président philippin Fidel Ramos a récemment prôné un renforcement des liens de défense entre les pays du Sud-Est asiatique et leurs alliés occidentaux pour contrer la puissance croissante de la Chine, se faisant ainsi l’écho d’une crainte de plus en plus présente dans la région.

Cette évocation de la «menace chinoise» à quelques jours du 70e anniversaire de l’Armée populaire de libération (APL), le 1er août, a pu paraître de mauvais goût à Pékin, mais a rappelé que, après plus d’un siècle d’absence, la Chine était de retour dans ses mers méridionales.
Pékin entretient en effet de nombreuses revendications territoriales en mer de Chine et la disparition de la menace soviétique sur ses frontières continentales lui a laissé les coudées franches pour essayer de retrouver son ancienne suprématie dans cette région du globe.
Et l’objectif du retour de l’île nationaliste de Taïwan dans le giron de la mère patrie, considéré comme le prochain pas pour parachever l’unité du pays après la rétrocession de la colonie britannique de Hong Kong, n’est pas en mesure d’apaiser les inquiétudes sur un possible embrasement de la région.
Pékin, se voulant rassurant, soutient que ses armées n’ont pas vocation à se projeter vers l’extérieur.

Deux buts

N’empêche, l’abandon de la doctrine consistant à «attirer les troupes ennemies vers l’intérieur pour les écraser séparément» oblige l’APL à concentrer ses efforts sur le développement de ses moyens à long rayon d’action, notamment l’aviation et la marine, au détriment de l’armée de terre.
«Après la guerre froide, un consensus s’est dégagé dans les cercles militaires chinois sur la nécessité d’engager le combat en dehors du territoire chinois, afin de sauvegarder les réussites économiques de la Chine», soulignait il y a déjà deux ans la revue de l’Institut chinois des relations internationales contemporaines.
Cette stratégie, jointe à l’évidence que les guerres de l’avenir seront des guerres hautement technologiques et non plus de «guerres de masses» chères à Mao Tsétoung, explique largement les priorités de l’APL pour les prochaines années.
«Pékin veut s’offrir une capacité d’intervention régionale tournée en mer de Chine méridionale», où elle entretient des litiges avec le Japon (îles Diaoyu), le Vietnam (îles Spratleys et Paracels), les Philippines (Spratleys et le récif de Scarborough), la Malaisie, Brunei (Spratleys) et l’Indonésie (îles Natuna), a rappelé l’attaché militaire d’une ambassade occidentale.
«D’autre part, l’APL, fortement impressionnée par l’envoi de deux porte-avions américains lors de ses manœuvres de 1996 au large de Taïwan, cherche des moyens pour tenir à distance la VIIe flotte», ce qui explique le genre de matériel acheté ces dernières années à la Russie, notamment des avions de longue portée et des bateaux modernes, a ajouté le diplomate.
La Chine a acheté à Moscou 72 avions de combat Sokhoi Su-27, ainsi que le système de missiles anti-aériens S-300 et deux contre-torpilleurs (destroyers) équipés de lance-missiles.
Le recours à la Russie est presque obligé, car la Chine est encore l’objet d’un embargo sur le matériel militaire, en vigueur depuis l’intervention de l’APL contre les manifestations démocratiques de la place Tiananmen, en 1989.
Selon Jacques de Goldfiem, ancien attaché militaire français et professeur de géopolitique à l’Isugap (Institut supérieur de gestion Asie-Pacifique) de Quimper (ouest de la France), la Chine veut en outre contrer l’alliance entre les Etats-Unis et le Japon, qui ont récemment renforcé leurs liens de défense.
«Cette alliance ne peut avoir que deux buts: soit préparer une éventuelle intervention en Corée, soit venir au secours de Taïwan», affirme M. de Goldfiem. (AFP)
Le président philippin Fidel Ramos a récemment prôné un renforcement des liens de défense entre les pays du Sud-Est asiatique et leurs alliés occidentaux pour contrer la puissance croissante de la Chine, se faisant ainsi l’écho d’une crainte de plus en plus présente dans la région.Cette évocation de la «menace chinoise» à quelques jours du 70e anniversaire de l’Armée populaire de libération (APL), le 1er août, a pu paraître de mauvais goût à Pékin, mais a rappelé que, après plus d’un siècle d’absence, la Chine était de retour dans ses mers méridionales.Pékin entretient en effet de nombreuses revendications territoriales en mer de Chine et la disparition de la menace soviétique sur ses frontières continentales lui a laissé les coudées franches pour essayer de retrouver son ancienne suprématie dans...