Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Un développement équilibré indispensable à la bonne marche du Liban

A qui peut-on encore apprendre que l’avenir du Liban, comme l’avenir de la région ou même celui du monde actuel, est incertain? Ce qui est par contre une certitude, c’est la mondialisation des systèmes et dans ce contexte, la difficulté d’un réel développement humain mis d’ailleurs en évidence par les Nations Unies. Ce phénomène est induit par le développement des techniques de communication qui permet d’être informé en temps réel dans n’importe quel point de la planète, sur le plan économique, financier, politique voir religieux.

Les fameuses autoroutes de l’information ont un aspect, certes, positif mais à la condition que les nations soient malgré tout des régulateurs chez elles afin de préserver une souveraineté, voire une identité qui fait la véritable richesse de chaque peuple. Pourtant, les moyens informatiques notamment, relayés par les télécommunications, nous proposent des mondes virtuels si perfectionnés qu’ils donnent l’illusion de les vivre et peut être la facilité de les envisager. Toutes ces techniques ont encouragé la formation de réseaux internationaux politico-financiers. Ces réseaux ont débuté par l’implantation de sociétés multinationales et la démonétisation due à la mondialisation constante du change et se poursuivent avec Internet jusqu’aux rassemblements religieux concomitants à l’échelle de la planète. Tout ceci conforte notamment les intervenants financiers qui sont devenus les véritables arbitres des économies financières dans le monde. Ainsi, s’est développé le mythe du chef d’entreprise sauvant le monde. A la lueur des derniers développements socio-économiques, le Liban semble être conduit selon cette fiction. Pour autant, faut-il réellement négliger les «mouvements des affamés» de la Békaa et autres manifestations d’un peuple qui ne trouve plus ses marques? Une simple interdiction de manifester cet ultime appel est-elle la solution?
Tout système a ses résistances; celles-ci peuvent être constructives, mais d’autres sont dangereuses pour la nation même qui les cultive par trop. Même si la mondialisation de l’économie est indiscutable, même si le contexte régional doit être pris en considération, un développement de tous les Libanais, à l’échelle du Liban, est indispensable à la bonne marche du pays et digne d’une politique traditionnelle. Par ailleurs, dans ce courant néo-libéral, les syndicats ou les juges qui luttent contre la corruption sont des freins nécessaires à l’équilibre. Bafouer ou faire fi de ces contre-poids engendre le terrorisme, l’extrémisme, le phénomène grandissant des sectes qui sont des éléments non seulement négatifs d’une résistance, mais surtout plus dangereux car plus radicaux. L’Europe a compris le danger de cette résistance particulièrement venant des régions du Moyen-Orient et des pays arabes ou la fracture sociale s’est particulièrement accrue et ou les fortunes récentes sont, pour le peuple, illégitimes. Toutefois, l’Union européenne a choisi de prendre le parti des réseaux internationaux; son raisonnement conduit à faire des affaires avec le monde des pays méditerranéens afin de dissoudre les foyers dangereux. Pour autant la solution globale ne semble pas être aussi simple. Selon M. Corm, économiste et politologue, seule une réforme des structures ancestrales, liées à une économie à visage humain et au respect des droit de l’homme, est l’impératif qui peut permettre un nouvel équilibre régional et une vraie paix, surtout pour le Liban. Ce Liban, nous rappelle Georges Corm «a été le théâtre de la guerre des autres, les différentes communautés religieuses ont été manipulées de l’extérieur et le sont toujours; il ne faudrait pas maintenant que la paix soit une paix intéressante pour les autres parce que trop orchestrée par les réseaux internationaux politico-financiers dont on connaît l’attachement pour Israël».
Malheureusement, il semble que la direction donnée par la communauté internationale elle-même soit trop en faveur de ces réseaux; par là, elle accrédite peut être trop facilement les thèses développées par les responsables, notamment israéliens et leurs alliés directs et indirects, où la mondialisation de l’économie ne justifie plus l’importance donnée au territoire des pays dont l’histoire même les a pourtant rendus souverains. Dans l’attente d’un rééquilibrage mondial, ne peut-on pas au Liban retrouver cet équilibre par ce qui a fait l’essence même du Liban: la démocratie et le mythe de l’humanisme qui implique un minimum de répartition équitable des richesses? Le dialogue permettrait sans doute de transformer une crise de fond, due à des orientations mal adaptées, et la croissance très rapide du Liban.

Gérard DE HAUTEVILLE
A qui peut-on encore apprendre que l’avenir du Liban, comme l’avenir de la région ou même celui du monde actuel, est incertain? Ce qui est par contre une certitude, c’est la mondialisation des systèmes et dans ce contexte, la difficulté d’un réel développement humain mis d’ailleurs en évidence par les Nations Unies. Ce phénomène est induit par le développement des techniques de communication qui permet d’être informé en temps réel dans n’importe quel point de la planète, sur le plan économique, financier, politique voir religieux.Les fameuses autoroutes de l’information ont un aspect, certes, positif mais à la condition que les nations soient malgré tout des régulateurs chez elles afin de préserver une souveraineté, voire une identité qui fait la véritable richesse de chaque peuple. Pourtant, les...