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Actualités - Chronologie

Benjamin Netanyahu a perdu la paix et la sécurité

Le premier ministre Benjamin Netanyahu, élu voici quatorze mois sur la promesse d’offrir aux Israéliens «la paix dans la sécurité», ne leur a apporté ni l’une, ni l’autre.

Le double attentat-suicide de Jérusalem, qui a fait 15 morts dont les deux kamikazes intégristes palestiniens, constitue le «baptême du feu» de M. Netanyahu, selon l’expression du commentateur de la télévision Ehud Yaari.
Le premier ministre est tiraillé entre ses services de sécurité, qui le pressent de maintenir le contact avec l’Autorité palestinienne, et la droite de sa coalition, qui l’incite à saisir l’occasion d’enterrer une fois pour toutes les accords d’autonomie.
Pour l’instant, M. Netanyahu semble privilégier la première voie, pour essayer d’obtenir du président Yasser Arafat une coopération dans la lutte antiterroriste.
«Nous attendons de l’Autorité palestinienne qu’elle commence à lutter contre le terrorisme, comme elle s’y est engagée et comme elle ne l’a jamais fait», a martelé le premier ministre après l’attentat.
Mais après avoir bloqué le processus de paix, multiplié les faits accomplis de la colonisation israélienne et refusé de négocier l’ampleur des retraits militaires israéliens en Cisjordanie, M. Netanyahu peut difficilement compter sur la bonne volonté de M. Arafat.
La présidence du Conseil a expliqué que le premier ministre avait répliqué «très durement» au président palestinien qui l’avait appelé pour lui présenter ses condoléances.
«La rhétorique employée — faire savoir sur tous les toits qu’il traite Arafat comme un chien — plaît au peuple», observe le commentateur politique israélien Daniel Ben Simon.
Comme Shimon Pérès

«Mais au-delà, Netanyahu sait que les Palestiniens peuvent le faire tomber comme ils ont fait tomber (son prédécesseur travailliste Shimon) Pérès, car son gouvernement ne résistera pas longtemps à plusieurs attentats», explique-t-il.
«Son destin politique est aussi entre les mains des Palestiniens, et cela le rend complètement fou», ajoute-t-il.
Pendant sa campagne électorale l’année dernière, M. Netanyahu avait expliqué qu’après 48 ans d’Etat d’Israël, il était inacceptable que le sort du premier ministre dépende d’un ou deux kamikazes palestiniens. Aujourd’hui, il est plongé dans le même dilemme.
Lundi, M. Netanyahu s’était vanté à la télévision d’avoir stoppé le terrorisme: «Je m’étais fixé un but, diminuer avant tout les activités terroristes, arrêter l’horreur dans ce pays, et nous y sommes parvenus».
Le premier ministre avait parlé un peu trop tôt. Lui qui a fondé sa carrière politique sur son image d’expert de la lutte antiterroriste, il n’a pas osé se rendre mercredi dans le souk juif de Jérusalem, alors qu’il se précipitait sur les lieux après chaque attentat sous le gouvernement travailliste. Son absence devant les caméras de télévision a montré son désarroi.
«Des manifestants ont crié “Bibi traître”, mais le premier ministre n’était pas là. S’il était venu, il aurait pu constater qu’une chose ne change pas, qu’on soit chef de l’opposition ou premier ministre, c’est la couleur du sang», écrit, désabusé, l’éditorialiste du quotidien Maariv.
M. Netanyahu doit maintenant s’expliquer devant ses électeurs qui ont vu en lui un rempart contre le terrorisme, qui pensaient que la politique de paix provoquait les attentats, qui ont cru que la «générosité» d’Israël encourageait les Palestiniens à la lutte armée.
«Dans les prochains jours on pourra peut-être enfin savoir qui est le vrai M. Netanyahu», souligne M. Ben Simon. (AFP)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu, élu voici quatorze mois sur la promesse d’offrir aux Israéliens «la paix dans la sécurité», ne leur a apporté ni l’une, ni l’autre.Le double attentat-suicide de Jérusalem, qui a fait 15 morts dont les deux kamikazes intégristes palestiniens, constitue le «baptême du feu» de M. Netanyahu, selon l’expression du commentateur de la télévision Ehud Yaari.Le premier ministre est tiraillé entre ses services de sécurité, qui le pressent de maintenir le contact avec l’Autorité palestinienne, et la droite de sa coalition, qui l’incite à saisir l’occasion d’enterrer une fois pour toutes les accords d’autonomie.Pour l’instant, M. Netanyahu semble privilégier la première voie, pour essayer d’obtenir du président Yasser Arafat une coopération dans la lutte...