Bruxelles a autorisé mercredi l’Etat français à apporter au Gan 23,76 milliards de FF en recapitalisations et en aides diverses. En contrepartie, le gouvernement et la direction du Gan ont accepté un plan de restructuration draconien.
L’aval de l’exécutif européen permettra au groupe de convoquer en septembre son assemblée générale pour approuver les comptes 1996, qui se soldent par une perte de 5,7 milliards de FF. Cette perte tient compte d’une recapitalisation de 11 milliards de FF et d’une garantie de 9,0 milliards de FF de l’Etat sur les pertes immobilières.
Outre la privatisation le plus tôt possible, ensemble ou séparés, du Gan et du CIC, ce plan prévoit de réduire de moitié le réseau international, qui représente un chiffre d’affaires de l’ordre de 14 milliards de FF.
Le Gan devra aussi céder d’ici fin 1998 sa filiale de crédits immobiliers, l’UIC, à l’origine de l’essentiel des pertes passées et qui a fait l’objet de plans d’assainissement successifs. L’UIS, filiale de crédit hypothécaire du groupe, devra également être vendue à un tiers.
Enfin, dernière condition importante fixée par la commission européenne: le Gan devra céder pour 2,4 milliards de FF d’actifs.
Le gouvernement actuel a décidé de ne pas remettre en cause les engagements du gouvernement Juppé auprès de Bruxelles et qui consistaient à lier recapitalisation et privatisation du Gan. Dans un communiqué, le ministère de l’Economie et des Finances souligne que la procédure de cession du Gan et du CIC «sera conduite avec le double souci de l’intérêt des entreprises et de leurs salariés et de l’intérêt patrimonial de l’Etat».
Intérêt de grands
assureurs
Débarrassé de son boulet immobilier, le Gan, qui a perdu 35 milliards de FF depuis 1992, suscite l’intérêt de plusieurs grands assureurs, en particulier des AGF, du groupe allemand Allianz, du belgo-néerlandais Fortis, de l’italien Generali et du néerlandais ING. Le groupe européen Eureko a également fait part de sa candidature pour la totalité du Gan, indiquant qu’il était prêt à reprendre jusqu’à 25% du CIC. La mutuelle française Maaf cherche pour sa part un partenaire pour reprendre le groupe d’assurances.
Pour les AGF, une telle opération lui permettrait de renforcer ses positions face au mastodonte Axa-UAP.
Le groupe d’Antoine Jeancourt-Galignani a fait part à plusieurs reprises de son intérêt pour le Gan, à conditions que les conditions financières définies par le gouvernement soient «raisonnables». Les AGF se disent également prêtes à prendre une part de 20%, voire jusqu’à 30% du CIC, pour respecter les accords existants dans l’assurance-vie entre le Gan et le CIC.
Les AGF se refusent à tout commentaire avant d’avoir connaissance des détails de la décision de la commission.
Le courtier américain Salomon Brothers, qui a évalué récemment le Gan à 8,5 milliards de FF, a estimé dans la même étude que les AGF avaient les moyens de s’offrir la compagnie sans lever de fonds supplémentaires sur le marché.
Reste maintenant au gouvernement à définir le cahier des charges et à choisir entre céder d’un bloc le Gan et le CIC à des repreneurs distincts.
Pour le CIC, outre la BNP et la Société Générale qui avaient manifesté de l’intérêt lors de la première tentative, avortée, de privatisation, d’autres banques françaises ou étrangères pourraient se porter candidates.
Le projet de privatisation du CIC intervient au moment où le débat sur la restructuration du secteur bancaire français a été relancé la semaine dernière par le président de la Deutsche Bank. Rolf Breuer a en effet indiqué qu’il envisageait une acquisition en France. (Reuter)


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