Le budget table sur des recettes de 3,1 mds KWD (10,2 mds USD), dont des revenus pétroliers de 2,5 mds KWD (8,4 mds USD), basés sur une estimation prudente de 13 dollars le baril de brut.
Les dépenses prévues sont estimées à 4,7 mds KWD (15,4 mds USD), dont le poste le plus important est constitué par les salaires de la fonction publique, qui s’élèvent à 1,2 md KWD (4,2 mds USD).
«Le gouvernement continue à dépenser comme si nous étions encore dans les années 70», lors du boom pétrolier, a déploré le député libéral Ahmad al-Moulaifi lors du débat.
Le déficit brut de 1,5 md KWD prévu est de 5% plus élevé que les projections de déficit de 1,51 md KWD (5 mds USD) de l’année fiscale précédente, notamment en raison d’une augmentation des dépenses.
Mais les économistes s’attendent à ce que le déficit réel de l’année fiscale 1996/97 soit beaucoup plus bas que prévu car les projections étaient basées sur un prix du pétrole de 13 dollars le baril, alors que les prix ont atteint quelque 18 dollars en moyenne en 1996.
Le député libéral Abdel-Wahab al-Haroun, rapporteur de la commission des finances et de l’économie, a estimé que le gouvernement et le Parlement devaient «restructurer» les comptes de l’Etat et réduire la dépendance du pétrole.
Les recettes du pétrole forment plus de 80% des revenus du Koweit qui produit actuellement 2 millions de barils par jour, conformément à son quota de l’OPEP.
Le déficit reste important car 10% des revenus pétroliers sont automatiquement prélevés pour alimenter un «Fonds des générations futures», des avoirs à l’étranger instaurés dans les années 80 et ne devant être utilisée que lorsque le pétrole se sera tari. Le déficit net est par conséquent de 1,2 md KWD (4,2 mds USD).
Depuis la guerre du Golfe en 1991, le gouvernement a toujours eu un déficit de plus d’un milliard de dinars (3,3 mds USD) alors que ses avoirs à l’étranger ont drastiquement baissé en raison du coût de la reconstruction.
Selon des économistes, la situation des investissements koweitiens à l’étranger, qui relèvent surtout du Fonds des générations futures, a commencé à s’améliorer. En l’absence de chiffres officiels, ils sont estimés à environ 40 milliards de dollars contre plus de 100 milliards avant l’invasion irakienne en 1990. (AFP)

