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Rosemary West en prison pour la vie

L’ex-président Frederik Willem de Klerk gardera dans l’histoire sud-africaine l’image de celui par qui la chute de l’apartheid est arrivée.
Cependant, cet homme de 61 ans n’a ensuite jamais trouvé une vraie place au sein de la nouvelle Afrique du sud, pas plus qu’il n’a pu réformer son parti, le Parti national (NP, au pouvoir avant 1994) pour trouver un second souffle comme chef de l’opposition.
Méprisé par les Blancs les plus extrémistes, ce vieux routier de la politique n’a pas su se faire pardonner par les Noirs son rôle sous l’apartheid.
Le 2 février 1990, un an après son élection à la présidence, cet Afrikaaner sonna pourtant le glas du régime raciste en annonçant la libération de Nelson Mandela et la levée de l’interdiction des mouvements anti-apartheid, premier pas d’une transition pacifique qui allait conduire en 1994 à l’élection d’un gouvernement noir.
Contre vents et marées, en dépit des menaces de l’extrême droite blanche, le futur Prix Nobel de la paix — partagé avec Mandela en 1993 — maintint le cap des négociations pour l’avènement de la démocratie.
Aujourd’hui encore, ses opposants les plus acharnés lui reprochent toujours d’avoir ainsi trahi les intérêts des Blancs. Cette année, cette rancœur tenace a soulevé une vive campagne contre lui au sein de sa propre famille politique.
Après des mois de valse-hésitation, il a finalement abandonné tout projet de transformation du NP en mouvement multiracial, de peur de s’aliéner les dinosaures du parti. Ce choix a poussé les plus réformateurs à quitter le parti pour fonder leur mouvement. Déjà, l’an dernier, sa décision de quitter le gouvernement de coalition nationale avait suscité des tensions entre les «faucons» et les «colombes».
Au même moment, ses tergiversations face à la Commission Vérité et Réconciliation soulevaient l’amertume de la communauté noire. Jamais, l’ex-président n’a voulu admettre la responsabilité des dirigeants politiques de l’apartheid, jamais il n’a voulu endosser les atrocités commises sous le régime raciste.

Orateur médiocre

Malgré les témoignages et les documents d’archives, il a toujours maintenu que les forces de sécurité avaient outrepassé leur mandat.
Contesté de toute part cet orateur médiocre a invoqué l’intérêt «des militants et du pays» en annonçant son départ de l’arène politique, un quart de siècle après son entrée au parlement.
Issu d’une famille calviniste qui donna à la cause blanche une dynastie d’hommes politiques dévoués, il était, à ses débuts politiques, l’archétype du conservateur à une époque où la majorité noire était privée du droit de vote.
Cet avocat de formation se forgea une image de «dur» au sein du Parti national puis lors de son premier passage au gouvernement, comme ministre de l’Education (en 1984). Certains de ses pairs l’accusent d’avoir convaincu le président de l’époque, Pieter Botha, de renoncer en 1985 à un projet de réforme, décision qui entraîna un renforcement des sanctions internationales.
Avec ce passif, ses ennemis expliquent son revirement politique et sa décision de démanteler l’apartheid par une âpre volonté de survie politique. Ses partisans estiment au contraire que sans sa lucidité, le pays aurait sombré dans un bain de sang.
Avec l’annonce de sa retraite, le pays tourne une page politique alors que le président Neslon Mandela a lui aussi décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections générales prévues en 1999. (AFP)\",3,",,",,529,CHRONOLOGIE"
L’ex-président Frederik Willem de Klerk gardera dans l’histoire sud-africaine l’image de celui par qui la chute de l’apartheid est arrivée.Cependant, cet homme de 61 ans n’a ensuite jamais trouvé une vraie place au sein de la nouvelle Afrique du sud, pas plus qu’il n’a pu réformer son parti, le Parti national (NP, au pouvoir avant 1994) pour trouver un second souffle comme chef de l’opposition.Méprisé par les Blancs les plus extrémistes, ce vieux routier de la politique n’a pas su se faire pardonner par les Noirs son rôle sous l’apartheid.Le 2 février 1990, un an après son élection à la présidence, cet Afrikaaner sonna pourtant le glas du régime raciste en annonçant la libération de Nelson Mandela et la levée de l’interdiction des mouvements anti-apartheid, premier pas d’une transition pacifique...