Des trois sujets, c’est le dernier qui accapare le plus l’attention des commentateurs politiques britanniques, qui croient discerner un croissant de moins dans la lune de miel consécutive à l’élection triomphale du «nouveau labour» le 1er mai.
«Blair est de retour au travail et sur terre», proclamait le «Times».
Un sondage Mori publié dans ses colonnes semblait lui donner raison, en révélant un léger tassement de 3 points par rapport à juillet dans la cote de popularité de gouvernement. Avec un indice de satisfaction de 54% après quatre mois d’exercice du pouvoir, le premier ministre et son équipe bénéficient cependant d’une cote d’amour jamais enregistrée par les conservateurs en 18 ans de règne.
Quelques couacs expliquent la relative désaffection au sortir de l’été.
La gestion de l’évacuation et l’indemnisation des habitants de l’île de Montserrat menacés par l’éruption du volcan de la Soufrière a été pour le moins malencontreuse, de l’aveu même du secrétaire au Foreign office Robin Cook. Elle a placé en porte-à-faux le ministre au Développement Clare Short, représentante de la gauche historique (et jusqu’ici mise au pas) du Labour.
Le suicide d’un député écossais et la suspension d’un de ses collègues sur fond de campagne de calomnie a contraint le parti à ouvrir une enquête interne sur une situation locale «difficile et éprouvante» aux dires du ministre à l’Ecosse, Donald Dewar.
La rivalité étalée au grand jour entre le vice-premier ministre John Prescott et le super-ministre sans portefeuille et éminence grise du «nouveau labour», Peter Mandelson, a suscité de nombreuses interrogations sur la cohésion de l’équipe gouvernementale, notamment quand le premier a comparé le second à un «crabe» prédateur.
A son retour de trois semaines de repos en Toscane et dans le sud de la France, M. Blair doit enfin rassurer ceux qui redoutent un emballement de la consommation, craignent les effets de la livre forte sur les exportations, et croient voir se profiler l’inflation et une récession.
M. Blair doit enfin décider du sort de deux députés — l’écossais Tam Dalyell et le gallois Liew Smith — en rébellion ouverte, et qui font campagne contre le oui aux deux référendums des 11 et 18 septembre en vue d’accorder une large autonomie à l’Ecosse, et une plus réduite au Pays de Galles. Quoi qu’il en soit, la réforme constitutionnelle la plus audacieuse depuis 300 ans a toutes les chances d’être adoptée, à en croire les sondages.
L’autre rendez-vous, la reprise des pourparlers sur l’Ulster, le 15 septembre à Belfast, pourrait consacrer le succès le plus éclatant à ce jour de M. Blair. Tout indiquait en milieu de semaine qu’il sera l’occasion de ramener à la table des négociations les dirigeants républicains du Sinn Fein, en raison du scrupuleux cessez-feu respecté depuis le 20 juillet par l’Armée républicaine irlandaise.
Les conseillers de Downing Street se sont employés dès le début de semaine à balayer les doutes sur la solidarité gouvernementale et les improbables effets de dissensions locales sur la victoire du oui à Edimbourg. «Tony Blair continue de concentrer toute son attention sur la situation globale, comme il est d’usage pour les politiciens modernes», confiait mardi un porte-parole. (AFP)


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