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Actualités - Chronologie

Clôture du programme d'hospitalisation des blessés de guerre

A peine la Gaumont, considérant avoir gagné son pari hollywoodien, venait-elle de claironner le chiffre des recettes engrangées jusqu’ici par «Le cinquième élément» (535 millions de Francs, dont 443 millions hors de France) que «Men in Black», un de ces blockbusters délibérément programmés par les majors américaines au cœur de l’été, battait tous les records de fréquentation en France: avec 71.502 entrées dans 55 salles pour son premier jour d’exploitation à Paris — 60% du total des spectateurs — il dame le pion au film de Luc Besson (65.167 entrées en mai dernier) et même à «Independence Day» qui avait attiré 66.415 spectateurs en octobre 1996. Précieuse indication, surveillée de très près, que le nombre de spectateurs prenant le chemin des salles obscures parisiennes le mercredi après-midi. Dès la première séance, la vitesse est, comme on dit, acquise, et le sort d’un film scellé.

Un parti pris
de réalisme

Ce succès foudroyant de «Men in Black» n’est d’ailleurs pas propre à la France: célébré partout par une critique unanime, le film de Barry Sonnenfeld est en tête du box-office dans de nombreux pays, notamment aux Etats-Unis. Et il faut dire que cette comédie de science-fiction adaptée d’une bande dessinée — un marvel comic en l’occurrence — le mérite bien. D’une radicale originalité, elle a de quoi épater jusqu’à son producteur exécutif, Steven Spielberg, qui en connaît pourtant un rayon dans ce domaine.
A la différence d’un Don Siegel choisissant de faire d’«Invasion of the Body Snatchers» une métaphore du maccarthysme, ou du Kubrick de «2001, a Space Odyssey» transformant l’aventure intergalactique en quête métaphysique, Barry Sonnenfeld a opté pour un traitement réaliste de son sujet. Un peu comme s’il refaisait «French Connection» avec des extraterrestres en lieu et place des trafiquants de drogue. Son coup de génie consiste à constamment allier le merveilleux et le trivial, des trucages époustouflants venant s’insérer dans le quotidien le plus terre à terre. Le postulat de départ, c’est qu’aux Etats-Unis, il n’y a pas que les pauvres Mexicains qui passent clandestinement la frontière. Facétieux ou pernicieux, c’est selon, indécelables quand ils n’ont pas une tête de mangouste, environ 1500 réfugiés de l’espace ont noyauté Manhattan et, si vous voulez savoir, la gigantesque panne d’électricité qui avait plongé New York dans le noir en 1977, c’était eux!

Une brigade
secrète

Dans un QG très kafkaïen, justement situé à Manhattan — ce qui est peut-être le meilleur moyen de le camoufler — une brigade secrète au service de l’empire américain recrute «l’élite de l’élite de l’élite» pour traquer ces aliens comme de vulgaires criminels. En font partie Tommy Lee Jones l’intraitable et Will Smith le rigolard, bel exemple de cette blaxploitation si payante, qui consiste à mettre des acteurs noirs en vedette. Deux agents très spéciaux qui ont abdiqué tous leurs signes particuliers, y compris leur nom: anonymes jusque dans leur tenue anodine, celle de détectives des années 60.
«Men in Black» est sorti comme à point nommé la veille du départ de Discovery pour sa 86e mission, au moment où Rocky commençait son exploration zélée de Mars et où Soyouz s’arrimait à la station Mir. Non sans raison, nous avions la tête plus ou moins dans les étoiles. Mais il serait tout aussi excitant de penser que des extraterrestres sont peut-être parmi nous, solidement campés sur le plancher des vaches.
A peine la Gaumont, considérant avoir gagné son pari hollywoodien, venait-elle de claironner le chiffre des recettes engrangées jusqu’ici par «Le cinquième élément» (535 millions de Francs, dont 443 millions hors de France) que «Men in Black», un de ces blockbusters délibérément programmés par les majors américaines au cœur de l’été, battait tous les records de fréquentation en France: avec 71.502 entrées dans 55 salles pour son premier jour d’exploitation à Paris — 60% du total des spectateurs — il dame le pion au film de Luc Besson (65.167 entrées en mai dernier) et même à «Independence Day» qui avait attiré 66.415 spectateurs en octobre 1996. Précieuse indication, surveillée de très près, que le nombre de spectateurs prenant le chemin des salles obscures parisiennes le mercredi après-midi....