Quatre jours après la publication, réclamée depuis longtemps, d’une liste de près de 1.800 titulaires de comptes en sommeil depuis 1945, les dirigeants de deux des quatre partis de la coalition gouvernementale de centre-droit ont plaidé dimanche en faveur d’une plus grande ouverture.
«Un assouplissement du secret bancaire semble maintenant possible et le SP (Parti social-démocrate) y est favorable», a déclaré au «Sonntags Zeitung» Barbara Haering-Binder, secrétaire générale du SP.
«Les règles existantes ne font pas suffisamment de distinctions. Nous devons les améliorer rapidement», a dit pour sa part au journal le député Eugen David, expert économique du Parti démocrate-chrétien (CVP).
Il propose une législation pour contraindre les banques à rechercher activement les propriétaires de comptes en sommeil depuis longtemps.
Ces appels rejoignent ceux d’autres députés, pour la plupart de gauche, qui réclament l’adoption d’une nouvelle législation en réponse aux campagnes menées à l’étranger pour amener les banques helvétiques à faire la lumière sur leurs transactions pendant la Seconde Guerre mondiale.
Controverse
Mais l’éventualité d’un aménagement du secret bancaire, de mise en Suisse depuis les années 1930, suscite une levée de boucliers au sein d’une partie de la coalition.
«Ce ne sont que des vœux pieux et il ne faut pas permettre que cela se concrétise», a affirmé le député Walther Frey, du Parti populaire suisse (SVP, droite).
La controverse a éclaté lorsque Edgar Bronfman, dirigeant du Congrès juif mondial, a prédit jeudi que la publication, en octobre, d’une nouvelle liste de 20.000 noms de titulaires de comptes ouverts avant 1945 ferait tomber le secret bancaire suisse.
(A Tel-Aviv, des centaines d’Israéliens ont, dès son ouverture, dimanche, inondé d’appels téléphoniques le bureau de contact mis en place en Israël. Certains avaient repéré des noms de parents sur la liste, tandis que d’autres se souvenaient que des proches avaient ouvert autrefois des comptes en Suisse.
Mais Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal en Israël, a déclaré que, selon lui, 20% seulement des personnes figurant sur la première liste étaient juives. «Certains ne sont même pas de pays occupés par les Nazis pendant la guerre», a-t-il dit.
«La question est de savoir sur quelle base ces groupes ont fait toutes sortes de prédiction selon lesquelles il y aurait un nombre incroyablement grand de comptes de victimes de l’holocauste dans les banques suisses», a-t-il poursuivi en évoquant les groupes juifs qui ont fait campagne pour la recherche des ayants droit. (Reuter)

