«Je ne remanierai pas mon gouvernement», a lancé avec colère le chancelier, pressé de questions par les journalistes à Berlin. «J’en reste à ce que j’ai dit lundi et c’est aussi l’avis de la CSU», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse impromptue dominée par ce sujet.
La CSU, aile bavaroise des unions chrétiennes du chancelier, n’a pourtant pas désarmé: immédiatement après que M. Kohl eut refusé l’idée d’un remaniement lundi, elle réitérait son souhait d’un remaniement ministériel avant les élections générales de septembre 1998. Et mercredi, son organe «Bayernkurier» est revenu à la charge en affirmant que l’idée d’un remaniement, lancée début août par le ministre des Finances Theo Waigel, président de la CSU, était partagée par l’ensemble de la direction du parti.
Répondant à la CSU, parti frère bavarois de la CDU de M. Kohl, le chancelier a jugé «erroné de discuter de cette question publiquement» et a condamné les discussions portant sur les ministres.
Il a précisé avoir eu un entretien «dans une très bonne atmosphère» à ce sujet avec M. Waigel et a assuré qu’il était au courant de l’intention de son ministre d’abandonner ses fonctions après les élections.
Le chancelier a ostensiblement soutenu son grand argentier, cible de multiples attaques liées au difficultés budgétaires de l’Allemagne. «Regardez ce qu’a déclaré le ministre français des Finances, Dominique Strauss-Kahn, à propos de Theo Waigel», a-t-il lancé. IL se référait à une interview de M. Strauss-Kahn mardi sur Deutschlandfunk, qui a souhaité que M. Waigel reste aux Finances jusqu’à la mise en place de l’Euro. M. Waigel «est un des hommes politiques allemands les plus respectés dans le monde», a ajouté M. Kohl.
Il a une fois de plus souhaité un compromis avec l’opposition sociale-démocrate SPD sur la grande réforme fiscale de son gouvernement. «J’estime qu’il est possible que nous arrivions à un compromis», a-t-il dit, le jugeant d’autant plus nécessaire «à cause de la chute drastique des rentrées fiscales».
Mais il a refusé l’idée d’un «compromis boiteux» et a affirmé que sa coalition représenterait une deuxième fois en commission de conciliation parlementaire à l’automne son projet de loi, bloqué au parlement par le SPD grâce à sa majorité à la chambre haute, le Bundesrat. (AFP)


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