Le débat a été relancé à la suite des coupes de 57 millions de dollars dans le budget de la Défense décidées par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
L’état-major et le ministre de la Défense Yitzhak Mordehaï ont aussitôt agité la menace d’une guerre en affirmant que l’armée risquait de ne pas avoir les moyens de s’y préparer.
Le ministre des Finances Yaakov Neeman a répliqué qu’il était possible de faire des économies «sans porter atteinte à la sécurité». Pour étayer cet argument, le Trésor dispose d’un solide dossier. Plus de la moitié (54%) du budget de la Défense est en effet consacré au paiement des salaires et pensions alors que ce taux n’était que de 33% en 1984.
Pour faire face au gonflement spectaculaire des dépenses à titre du personnel, l’armée a dû rogner sur des postes vitaux. Selon un rapport du contrôleur de l’Etat, Mme Myriam Ben Porat, qui supervise les comptes publics, un des chapitres principaux du budget de la Défense, celui de la recherche et du développement des nouvelles armes, a reculé de 43% en huit ans.
Les avantages annexes se sont parallèlement multipliés. L’armée a débloqué près de 30 millions de dollars pour financer les soins dentaires, les vacances et les jardins d’enfants des familles de militaires de carrière, alors que la grande majorité des civils doit s’acquitter de ces dépenses.
«Les conditions de départ à la retraite sont purement scandaleuses», a souligné jeudi le quotidien «Haaretz» (indépendant) dans un éditorial. A 42 ans, un militaire peut se retirer avec un substantiel pactole de départ, auquel s’ajoute une prime de «réadaptation à la vie civile» pouvant atteindre un an de salaire et une voiture de fonction pour les officiers.
Les militaires disposent aussi de généreuses aides au logement et de «stages» à l’étranger, tous frais compris, destinés théoriquement à leur formation professionnelle mais qui, selon la presse, se transforment souvent en voyages d’agrément.
«Tsahal» prend aussi l’allure d’une armée mexicaine. En dix ans, le nombre de colonels et de généraux de carrière a bondi de 50% alors que les effectifs totaux de l’armée de métier reculaient de 15%.
«Diminuer dans ces conditions de 0,6% le budget de la Défense — qui atteint 8,6 milliards de dollars, dont 1,8 milliards d’aide militaire américaine — ne devrait pas mettre en danger le pays», souligne un responsable du Trésor, qui souhaite garder l’anonymat.
L’armée fait valoir qui ses conditions sociales attrayantes permettent de recruter et surtout conserver «les meilleurs éléments».
Le commentateur militaire du quotidien «Yédiot Aharonot» (indépendant), Ron Ben Ichaï, souligne aussi que le gouvernement «peut difficilement demander à l’armée d’être fin prête pour un conflit armé tout en lui coupant les vivres». (AFP)


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