Rous s’est imposé en solitaire, plus de cinq minutes avant ses premiers poursuivants. Son coéquipier Pascal Hervé s’est détaché dans le dernier kilomètre pour assurer le «doublé» à sa formation devant un petit groupe de contre-attaque réglé par l’Américain Bobby Julich.
Dans cette dernière étape de montagne du Tour, à travers le massif vosgien, Jan Ullrich a été mis en danger par l’équipe Festina. L’Allemand, porteur du maillot jaune, a rétabli ensuite la situation avant le quatrième et dernier col pour franchir la ligne d’arrivée en même temps que ses rivaux directs.
Ullrich n’a pu suivre Richard Virenque et l’Italien Marco Pantani dans le Grand-Ballon (1360m) quand le français a accéléré l’allure. Ses deux adversaires se sont appuyés sur un groupe de coureurs partis en avant-garde alors qu’Ullrich a compté surtout sur son compatriote Udo Bolts.
L’Allemand a effectué la jonction après la descente avant d’être de nouveau distancé dans le col du Hundsruck sur une accélération de Pantani, suivi par Virenque. Pointé à 30 secondes au sommet (km 85), il a compté jusqu’à 47 secondes de retard dans la descente sur un groupe d’une dizaine de coureurs comprenant tous ses adversaires.
Ullrich en danger
Dépité de ne pas trouver de collaboration dans son groupe, Virenque a choisi de couper son effort et de tenter de jouer la victoire d’étape par lieutenants interposés (Hervé, Rous), dépêchés vers l’avant. Ullrich, qui n’avait plus que Bolts pour coéquipier à ses côtés, a effectué la jonction (km 87), renversant ainsi une situation qui pouvait devenir très dangereuse pour lui à plus de 80 kilomètres de l’arrivée.
La tactique de Virenque, à qui revient le mérite d’avoir lancé encore une fois une grande offensive, a au moins porté ses fruits pour le gain de l’étape. Rous a mené un raid solitaire de près de 80 kilomètres pour s’imposer à Montbéliard.
A 26 ans, le coureur de Montauban a remporté sa première victoire d’étape dans le Tour, la quatrième pour son équipe après celles de Laurent Brochard (Loudenvielle), de Richard Virenque (Courchevel) et de l’Australien Neil Stephens (Colmar). Il a aussi apporté à la France son sixième succès depuis le départ de Rouen.
«Nous avons vu qu’Ullrich n’était pas au mieux, a expliqué Rous. Richard (Virenque) nous a dit que c’était la dernière journée possible pour l’attaquer. Nous l’avons mis en difficulté mais personne n’a collaboré. C’est dommage car je crois que nous aurions pu faire basculer la course».
Au cours de cette étape, le champion du monde, le Belge Johan Museeuw, souffrant de l’estomac, a abandonné, tout comme le Colombien Chepe Gonzalez et Ludovic Auger.
La Bourgogne
Aujourd’hui, le tour passe par la Bourgogne sur la route de Paris, dans sa dix-neuvième étape longue de 172 kilomètres entre Montbéliard et Dijon.
A travers les départements du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura (pour une brève incursion) et de la Côte d’Or, le parcours visite la Franche-Comté puis la Bourgogne sur des routes peu accidentées. Une seule montée, la côte des roselières (km 79), classée en quatrième catégorie, est située sur l’itinéraire avant la mi-course et le ravitaillement prévu à Gy, une ancienne résidence des ducs de Sens.
Les baroudeurs et les routiers-sprinteurs retrouvent un terrain favorable dans cette étape qui se termine au bout d’une ligne droite de 500 mètres, dans la ville de Bossuet et de Rameau, au glorieux passé historique.
Après l’arrivée et une rapide douche, les coureurs doivent prendre la direction de la gare TGV de Dijon pour se rendre à Disneyland-Paris, où ils seront logés à la veille de l’ultime grand contre-la-montre de 63 kilomètres.
Dijon (156.000 habitants), célèbre pour ses moutardes et la proximité des grands crus de la côte des Nuits, accueille le Tour pour la dix-septième fois. Lors de la dernière visite de la Grande Boucle, en 1991, le Belge Etienne De Wilde avait devancé le Néerlandais Jean-Paul Van Poppel et l’Allemand Olaf Ludwig.
Classement de l’étape:
1. Didier Rous (Fra/FES), les 175,50 km en 4h 24’48’’ (moyenne: 39,765 km/h)
2. Pascal Hervé (Fra/FES) à 05’09’’
3. Bobby Julich (USA/COF) à 05’10’’
4. Laurent Roux (Fra/TVM) à 05’10’’
5. Angel Casero (Esp/BAN) à 05’10’’
6. Jean-Cyril Robin (Fra/USP) à 05’10’’
7. Laurent Dufaux (Sui/FES) à 05’12’’
8. Daniele Nardello (Ita/MAP) à 05’14’’
9. Manuel Beltran (Esp/BAN) à 05’14’’
10. Laurent Madouas (Fra/LOT) à 05’16’’
11. Erik Zabel (All/TEL) à 05’29’’
12. Gian Matteo Fagnini (Ita/SAE) à 05’29’’
13. Thierry Gouvenou (Fra/BIG) à 05’29’’
14. Pascal Chanteur (Fra/CSO) à 05’29’’
15. Jose Luis Arrieta (Esp/BAN) à 05’29’’
16. Marco Artunghi (Ita/MER) à 05’29’’
17. Daniele Sgnaolin (Ita/ROS) à 05’29’’
18. François Simon (Fra/GAN) à 05’29’’
19. George Hincapie (USA/USP) à 05’29’’
20. Oskar Camenzind (Sui/MAP) à 05’29’’
29. Richard Virenque (Fra/FES) à 05’29’’
35. Jan Ullrich (All/TEL) à 05’29’’
36. Marco Pantani (Ita/MER) à 05’29’’
37. Abraham Olano (Esp/BAN) à 05’29’’
41. Francesco Casagrande (Ita/SAE) à 05’29’’
43. Fernando Escartin (Esp/KEL) à 05’29’’
51. Bjarne Riis (Dan/TEL) à 05’29’’
Classement général:
1. Jan Ullrich (All/TEL) 09h 58’03’’
2. Richard Virenque (Fra/FES) à 06’22’’
3. Marco Pantani (Ita/MER) à 10’13’’
4. Fernando Escartin (Esp/KEL) à 16’05’’
5. Abraham Olano (Esp/BAN) à 16’40’’
6. Francesco Casagrande (Ita/SAE) à 17’14’’
7. Bjarne Riis (Dan/TEL) à 18’07’’
8. Jose Maria Jimenez (Esp/BAN) à 23’42’’
9. Roberto Conti (Ita/MER) à 28’20’’
10. Laurent Dufaux (Sui/FES) à 29’29’’
11. Beat Zberg (Sui/MER) à 31’39’’
12. Oskar Camenzind (Sui/MAP) à 32’38’’
13. Peter Luttenberger (Aut/RAB) à 38’16’’
14. Manuel Beltran (Esp/BAN) à 43’00’’
15. Jean-Cyril Robin (Fra/USP) à 53’07’’
16. Michael Boogerd (P-B/RAB) à 55’11’’
17. Daniele Nardello (Ita/MAP) à 56’24’’
18. Bobby Julich (USA/COF) à 59’31’’
19. Christophe Moreau (Fra/FES) à 1h 00’37’’
20. Stéphane Heulot (Fra/FDJ) à 1h 00’54’’


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