Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Tour de France Rous en solitaire (photo)

Prévoyants et doués d’un solide sens de l’organisation, les Allemands ont mis en place une puissante logistique pour faire face à la crue du siècle de l’Oder, appuyée sur un système de digues remontant au XXIIIe siècle.

Dans toute la région de Francfort-sur-l’Oder, à la frontière germano-polonaise, des colonnes de camions chargés de sacs de sable et de matériel de secours (pontons, canots pneumatiques...) sont prêtes à monter à l’assaut, dès qu’une digue montre des signes de faiblesse.
Depuis l’amorce des crues à la mi-juillet, environ deux millions de sacs ont été amassés le long du fleuve Oder qui sert de frontière naturelle entre la Pologne et l’Allemagne.
Au QG des pompiers transformé en cellule de crise, à Francfort-sur-l’Oder, 50.000 sacs attendaient de prendre la route mercredi pour rejoindre les unités d’intervention réparties sur le terrain.
«Nous avons des stations de remplissage de sacs dans toute la ville afin d’approvisionner les habitants», explique un coordinateur des pompiers, Dietmar Walter.
Le niveau du fleuve atteint 6,34 mètres à Francfort-sur-l’Oder, à un centimètre du niveau record de la grande crue de 1930. Dans certaines rues, inondées jusqu’à un mètre de hauteur, les barques ont déjà remplacé voitures et vélos.
Une deuxième ligne de défense est déjà en cours de construction, dans la perspective des nouvelles crues attendues pour les prochains jours. «Nous attendons jusqu’à 6,60 ou 6,70 mètres. Et quand ça monte, c’est de cinq à six centimètres à l’heure», indique M. Walter.
Les digues, présentes sur 167 kilomètres, ont résisté pour la plupart jusqu’ici, une prouesse compte-tenu de la pression de l’eau — jusqu’à six tonnes par mètre carré — et de la durée inhabituelle de la crue, qui pourrait durer encore deux semaines, soulignent les experts.

Un travail
de titan

Dans cette région de l’ex-RDA, l’Allemagne dispose sur l’Oder du dispositif de digues le plus complet de toute l’Europe centrale. Construites au XVIIIe siècle sous la régie de spécialistes hollandais, elles sont composées de matériaux de la région, notamment du sable et de la terre glaise.
Chaque année, elles sont contrôlées et renforcées après les grandes gelées de l’hiver et les fortes intempéries qui jettent arbres et pierres dans le fleuve.
Ces derniers jours, des milliers de pompiers, soldats et volontaires les ont rehaussées sans relâche de sacs de sable afin de garder quelques centimères de marge sur l’eau qui monte. «Ils ont accompli un travail de titan», souligne Dietmar Walter.
Beaucoup de particuliers, y compris des étrangers demandeurs d’asile, ont spontanément proposé leur aide. Nombre de volontaires ne sont plus allés travailler depuis des jours. Une entreprise de Berlin a appelé mercredi pour prêter gratuitement 30 pompes, indique M. Walter. «Sans cette solidarité, nous ne pourrions pas nous en tirer», estime-t-il.
Des convois de camions ont commencé à évacuer vaches, moutons et chevaux. En trois heures de temps, 450 bêtes ont ainsi quitté leur étable dans une coopérative agricole, près de Ziltendorf, avec l’aide d’un transporteur privé.
Toute la question est désormais de savoir à qui va revenir la facture. Les autorités régionales seront certainement mises à contribution. Le chancelier Helmut Kohl, venu mardi constater lui-même l’étendue des dégâts, a aussi été reçu cinq sur cinq. «Le message de Kohl était clair: il faut mettre d’abord les gens hors de danger, ensuite on verra. Pour nous, c’est le plus important», résume M. Walter, qui ne compte plus ses heures depuis une semaine. (AFP)
Prévoyants et doués d’un solide sens de l’organisation, les Allemands ont mis en place une puissante logistique pour faire face à la crue du siècle de l’Oder, appuyée sur un système de digues remontant au XXIIIe siècle.Dans toute la région de Francfort-sur-l’Oder, à la frontière germano-polonaise, des colonnes de camions chargés de sacs de sable et de matériel de secours (pontons, canots pneumatiques...) sont prêtes à monter à l’assaut, dès qu’une digue montre des signes de faiblesse.Depuis l’amorce des crues à la mi-juillet, environ deux millions de sacs ont été amassés le long du fleuve Oder qui sert de frontière naturelle entre la Pologne et l’Allemagne.Au QG des pompiers transformé en cellule de crise, à Francfort-sur-l’Oder, 50.000 sacs attendaient de prendre la route mercredi pour rejoindre...