Réunis depuis lundi à Niamey sous l’égide du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la centaine de participants ont achevé leurs travaux jeudi et retenu huit «axes prioritaires» qui doivent constituer le PASR.
Ces priorités sont la gestion durable des ressources transfrontalières (fleuves, parcs), la vulgarisation des ressources énergétiques renouvelables, (électricité, gaz butane), le développement de la recherche sur les espèces végétales, l’intensification de la lutte anti-arcridienne et anti-aviaire, la bonne circulation de l’information, la prévention des crises écologiques, la promotion des échanges commerciaux des produits locaux et la formation du personnel.
Depuis des décennies, l’avancée inexorable du désert préoccupe gravement de nombreux pays africains.
Les 9 Etats du CILSS (Burkina, Cap Vert, Gambie, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) sont les plus gravement menacés par cette calamité naturelle.
Dans ces pays, la désertification se caractérise par l’assèchement des cours d’eau et leur ensablement, la disparition des dernières forêts, l’amenuisement des superficies cultivables et de pâturage et la baisse chronique de la production agricole provoquant souvent de terribles famines.
L’homme
principal accusé
L’homme est souvent cité parmi les causes de cette dégradation de l’écosystème, de par ses feux de brousse, ou les coupes de bois abusives.
Ainsi, l’élaboration d’un Programme commun aux pays d’Afrique de l’Ouest pour lutter contre la désertification est le principal objectif visé dans la Convention internationale de lutte contre la désertification (CCD) signée en juin 1994 à Paris et ratifiée à ce jour par 106 pays dont une quarantaine d’Afrique.
Le forum de Niamey n’a fait que dresser un portrait-robot du PASR. Le CILSS et la CEDEAO ont été invités à mettre sur pied un comité sous-régional qui se réunira tous les 6 mois pour coordonner et parachever le programme. Ce comité sera composé de bailleurs de fonds, d’associations de femmes, de jeunes, de paysans et d’opérateurs économiques des pays concernés.
Il a aussi été demandé au CILSS et à la CEDEAO d’élaborer un budget qui sera soumis aux différents partenaires au développement pour financer la phase préparatoire du PASR dont l’adoption finale par les pays de la CEDEAO n’interviendra qu’en juin ou juillet 1998.
Déjà, de nombreux participants au forum de Niamey ont manifesté leur «pessimisme» quant à la disposition des bailleurs de fonds à financer un tel programme dont l’avant-projet sera présenté dans deux mois à Rome, lors de la réunion de la CCD. (AFP)


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