Le conseil municipal de la ville devait approuver en cours de journée hier ce boycottage, éliminant ainsi de ses fournisseurs les plus grandes compagnies pétrolières américaines. Les responsables de la ville auront alors trois mois pour trouver une compagnie approvisionnant les véhicules de la ville qui ne soit liée ni à Shell, ni à Texaco, ni à Mobil ni à Arco.
«Il est probable que nous ayions à acheter de l’essence de moindre qualité, ce qui pourrait endommager le matériel», a déploré Frances David, trésorière de Berkeley, ville voisine de San Francisco.
Parmi les centaines de sociétés déclarées au fil des ans «politiquement incorrectes» figurent déjà celles impliquées de près ou de loin avec les industries militaires et nucléaires, telles que IBM, Motorola ou Compaq, et celles qui font du commerce avec des pays accusés de violations des droits de l’homme, tels que le Nigeria, la Birmanie et le Tibet.
Du fait de ces décisions, les distributeurs de soda de la mairie posent dorénavant un problème. Pepsi avait dans le passé fait du commerce avec la Birmanie et la mairie avait donc choisi Coca-Cola.
Mais, après le coup d’Etat au Nigeria, Coca-Cola a continué à y vendre ses boissons. Une solution devrait être trouvée: «Nous reviendrons probablement à Pepsi, puisque cette société s’est retirée de la Birmanie», explique Frances David.
Pour les mêmes raisons, les employés de la ville devront trouver une autre compagnie de courrier express. Fedex et UPS font en effet du commerce avec la Birmanie.
Tout cela occupe les employés de la ville. Un fonctionnaire recevant un salaire d’environ 3.300 dollars par mois passe un quart de son temps à réviser la liste des produits et sociétés boycottés, que le personnel est obligé de consulter avant de réaliser le moindre achat.
En 1979, Berkeley avait été la première ville américaine à appliquer un boycottage systématique de toutes les sociétés faisant du commerce avec l’Afrique du Sud. Elle avait été suivie des années plus tard par le pays entier. (AFP)


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