C’est dans ce contexte général que la demande du dollar reprenait de plus belle la semaine dernière à Beyrouth, incitant la Banque du Liban (B.D.L.) à le vendre à chaque fois que l’offre privée ne parvenait pas à satisfaire la demande commerciale ou non commerciale. Mais grâce à l’élargissement de la marge de fluctuations des cours, l’apréciation du «billet vert» demeurait souvent imperceptible, voire dérisoire dans les faits, alors qu’apparemment la livre libanaise continuait à présenter des signes de fermeté.
En effet, le dollar, qui avait achevé la semaine vendredi dernier «officiellement» entre 1534,00 et 1543,00 L.L. et au taux moyen indicatif de 1538,50 L.L. contre 1534,50/1543,00 L.L. et à un taux moyen indicatif de 1538,75 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 11 juillet, en léger repli de 0,016%, était pratiquement négocié sur le marché interbancaire pendant la même période entre 1542,75 et 1543,25 L.L. avec un point d’ancrage à 1543,00 L.L. contre 1542,25/1542,75 L.L. et un point d’ancrage à 1542,50 L.L., soit en hausse de 0,03%.
Ce mouvement est intervenu après que la B.D.L. eut abaissé son taux d’intervention à l’achat du dollar, mardi dernier, de 1534,50 à 1534,00 et maintenu son taux à la vente à 1543,00 L.L., le faisant clôturer au taux moyen indicatif de 1538,50 L.L., jusqu’à la fin de la semaine, en procédant à des ventes de soutien à la livre au haut de cette fourchette pour préserver l’équilibre des échanges et la stabilité du marché.
Orientation haussière du
dollar à l’étranger
A l’étranger, le dollar, qui hésitait à s’orienter dans un sens déterminé dès le début du mois, a renoué avec la hausse, la semaine dernière, contre toutes les autres grandes monnaies. Plusieurs facteurs auraient contribué à ce changement de tendance et permis aux opérateurs de passer outre la détérioration du déficit commercial américain en mai et l’augmentation de l’excédent commercial japonais en juin. De fait, les marchés, qui n’ont même pas réagi à la hausse de 17% du déficit américain, lequel se serait chiffré à 10,23 milliards de dollars en mai contre 8,75 milliards en avril, au lendemain de l’annonce, jeudi dernier, d’une augmentation de 27,7% de l’excédent japonais à 8,05 milliards de dollars en juin, se sont montrés plus préoccupés des doutes entourant l’Euro (monnaie unique européenne) et des perspectives de hausse des taux d’intérêt américains à la lumière des nouvelles statistiques récemment publiées.
Les incertitudes sur la solidité de la future monnaie unique européenne, dont le lancement est prévu début 1999, malgré que plusieurs pays membres ne soient pas en mesure de satisfaire les critères d’adhésion, dont notamment la réduction de leurs déficits budgétaires cette année à 3% de leurs produits intérieurs bruts (P.I.B.), ont fait grimper le dollar à son plus haut niveau face au deutsche mark depuis six ans. Cela d’autant que l’annonce d’un déficit budgétaire en France dépassant 3,5% de son P.I.B. cette année, donnait lieu à des spéculations sur un assouplissement des critères de participation à l’euro, phénomène devant jouer à l’actif du dollar en tant que «monnaie-refuge». Ainsi, les mises en garde lancées par des responsables monétaires allemands, exprimant leur souhait que le deutsche mark restait une devise forte, ont servi seulement à alléger les pressions sur la monnaie germanique à chaque fois que le dollar s’attaquait au seuil de 1,80 D.M.
Pour ce qui est des autres facteurs fondamentaux gouvernant l’orientation des marchés des changes, les opérateurs ont fait état de conjectures selon lesquelles la Réserve fédérale pourrait être appelée le mois prochain à resserrer sa politique monétaire à l’occasion de la réunion du comité de l’open market. Cette perspective, œuvrant à l’actif du dollar, a été relancée par l’annonce de l’université de Michigan que son indice mesurant le sentiment des consommateurs aurait progressé de 104,60 points en juin à 106,40 points en juillet, à un moment où on apprenait du département américain du commerce que les prix à l’importation avaient progressé de 0,4% en juin comme en mai, laissant craindre que le développement de la consommation accompagné d’une hausse des prix des produits importés n’entraîne une relance des pressions inflationnistes justifiant un nouveau resserrement du crédit.
Ce sentiment a été renforcé par la multiplication des signes de surchauffe économique aux Etats-Unis, militant en faveur d’un relèvement des taux d’intérêt américains. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la hausse de 4,8% des mises en chantier de logement le mois dernier contre une baisse de 6,6% en mai, de l’augmentation de 0,3% de la production industrielle contre 0,2% et de la progression de 0,5% des ventes de détail contre une baisse de 0,3% pendant la même période, ainsi que par la diminution de 28.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage pendant la deuxième semaine de juillet à 349.000, témoignant de l’accélération du rythme de la croissance économique.
Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu de la conviction largement répandue sur les marchés que Washington et Tokyo n’avaient pas l’intention d’utiliser les taux de change comme arme commerciale dans la mesure que le Japon s’engageait à stimuler la demande intérieure pour relancer son économie et à ne pas utiliser les exportations à cette fin, le dollar est resté activement recherché jusqu’à la fin de la semaine. Il a ainsi clôturé, vendredi dernier, à New York, à 1.7925 D.M. contre 1,7745 au vendredi 11 juillet (+1,01%), à 6,0595 F.F. contre 5,9885 (+2,19%), à 1,4755 F.S. contre 1,4630 (+0,85%), à 1746,40 lires contre 1719,50 (+1,56%), à 115,60 yen contre 114,05 (+1,36%) et à 1,6775 pour un sterling contre 1,6945 (+1,01%).
Reprise de l’or
Après le coup d’arrêt donné à la baisse de l’or, un courant de rachats du découvert et d’achats à bon compte s’est installé sur son marché à la fin de la semaine dernière, le tirant vers le haut à la veille du week-end par les utilisateurs industriels. C’est ainsi que la parité de l’once a progressé, vendredi dernier, à New York, à 328,90 dollars contre 321,60 au vendredi 11 juillet, en hausse de 2,27% en moyenne.
Dans cette évolution, l’argent-métal n’a pas bénéficié que de quelques ajustements de positions à la baisse, achevant la semaine, à New York, à 4,2420 dollars l’once, après 4,1550 dollars, contre 4,3270 dollars au vendredi 11 juillet, en repli de 1,96 au moyenne.
Elie KAHWAGI


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