«Je souhaite de règles selon lesquelles les mauvais payeurs ne pourraient exercer leur droit de vote au sein de l’ONU que s’ils ont effectivement versé la totalité de leur contribution ou tout au moins la moitié de celle ci», a-t-il déclaré dans une interview à l’hebdomadaire «Der Spiegel» à paraître lundi.
«Le droit de vote contre l’argent», a résumé M. Annan, sans toutefois préciser qu’il entend par contributions, l’ensemble des contributions obligatoires et volontaires dues par les Etats membres.
La Charte de l’ONU prévoit d’ores et déjà que tout Etat membre qui n’a pas versé sa cote-part obligatoire pendant plus de deux ans est privé de son droit de vote. Les Etats-Unis, principaux débiteurs de l’ONU mais qui ont versé régulièrement cette contribution obligatoire, l’ont ainsi conservé.
Les menaces sur un départ des Etats-Unis de l’ONU «ne me font aucun effet», a assuré M. Annan. «Je voudrais dire aux Américains: vous êtes membres d’une communauté internationale qui fonctionne selon des règles établies. Vous y êtes utiles et votre rôle dirigeant est important. Mais vous avez aussi besoin de cette organisation», a-t-il poursuivi.
M. Annan a annoncé mercredi un vaste projet de réforme de son organisation, accueilli favorablement par Washington, visant à accroître son efficacité et à diminuer ses coûts de fonctionnement.
«Mes propositions sont audacieuses mais pas suicidaires», a jugé le secrétaire général des Nations Unies qui espère que l’Assemblée générale de l’ONU les adoptera fin novembre. «Nous serions ainsi à pied d’œuvre en janvier», a-t-il souligné dans son interview à «Der Spiegel».
Le Congrès américain s’est opposé jusqu’ici au versement à l’ONU des 819 millions de dollars d’arriérés des Etats-Unis, exigeant des réformes profondes du fonctionnement de l’Organisation. (AFP)

