Depuis des semaines, la presse rend compte des nombreux déplacements en province des membres du bureau politique du PCV qui font campagne pour le seul scrutin national au Vietnam, organisé tous les cinq ans, et qui devrait dessiner une assemblée nationale «professionnalisée», rajeunie, élargie et «plus démocratique».
La campagne électorale n’a pas déchaîné de passion parmi les Vietnamiens, pour lesquels le vote n’est pas obligatoire mais dont la plupart déposent leur bulletin dans l’urne d’une manière assez mécanique vu l’absence d’enjeu.
Le président du bureau de l’assemblée nationale, Vu Mao, a toutefois expliqué que la nouvelle assemblée ne devrait plus compter que 80% de membres du PCV contre 92% dans la dernière législature, le régime étant soucieux d’instiller plus «d’ouverture et de diversité» dans la vie politique.
Sur les 663 candidats autorisés à se présenter, 112 n’appartiennent pas au parti et parmi eux 11 sont des «candidats libres» ne bénéficiant du parrainage d’aucune organisation relevant du PCV. Mais l’ensemble des candidats a reçu l’estampille du parti qui détient le monopole de la vie politique: la démocratisation est donc toute relative.
Dans le même esprit d’«ouverture», pour la première fois les candidats ont été autorisés à faire campagne dans la presse écrite ou audiovisuelle. Mais si quelques-uns ont profité des colonnes des journaux, aucun n’a eu de temps d’antenne à la télévision nationale.
Assemblée élargie
L’assemblée sera renouvelée aux deux tiers et élargie à 450 membres (contre 395) afin de tenir compte d’un redécoupage récent des provinces justifié par la croissance démographique dans ce pays de 76 millions d’habitants. La moyenne d’âge des députés va baisser et l’assemblée comptera plus de jeunes, plus de professionnels, et plus de femmes.
Malgré la modestie des changements annoncés, les diplomates étrangers estiment que la nouvelle assemblée devrait consolider les gains en indépendance réalisés lors de la précédente législature. L’assemblée n’est plus tout à fait la chambre d’enregistrement des décisions du parti.
Lors de la dernière session, un vent de contestation avait soufflé dans la grande salle des congrès de Ba Dinh où les députés avaient refusé, fait inédit, d’entériner le choix d’un ministre proposé par le gouvernement et protesté contre le fait que certains grands projets d’infrastructure ne leur aient pas été soumis pour approbation préalable.
«Au cours des cinq dernières années, l’assemblée nationale a commencé à s’affirmer, plus que toute autre, comme une (véritable) institution», estime le représentant de la Banque mondiale au Vietnam, Bradley Babson.
Les résultats des élections seront publiés au compte-goutte dans les huit jours suivant le scrutin. Mais il est acquis que les trois «hommes forts» du Vietnam — le secrétaire général du PCV Dô Muoi, le président Lê Duc Anh et le premier ministre Vo Van Kiêt — ne feront plus partie de l’Assemblée nationale et quitteront leurs postes de direction prochainement. (AFP)


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