«Les opérations du port de Monrovia dépendent de la paix et de la stabilité. Avec une bonne sécurité nous pouvons espérer redémarrer l’industrie et le commerce de ce pays», déclare le porte-parole de l’administration portuaire, Sidiki Trawally.
Pour les Libériens, comme la communauté internationale, les élections générales, présidentielle et législatives, de samedi, les premières depuis 1985, devraient marquer la fin d’une guerre civile commencée en décembre 1989.
La guerre des factions a détruit la plupart des infrastructures génératrices de revenus, les chefs de guerre se battant tant pour conquérir les ressources naturelles, le bois, le caoutchouc, le diamant et les minerais, que pour les moyens de les exporter.
«Cela fait longtemps que nous attendons le retour d’une paix durable» ajoute M. Trawally.
Le port de Monrovia, «passerelle de l’économie libérienne» selon un slogan peint sur son mur marqué de traces de balles et d’obus, ne fait plus transiter que 5% du trafic d’avant-guerre.
Selon M. Trawally, il n’y a plus qu’un seul remorqueur «fatigué et souvent sujet aux pannes», deux tracteurs «hors d’usage» et seul un des quatre gros chariots-élévateurs est encore en état de marche.
La pauvreté des équipements du port a dissuadé les grands navires et seuls quelques caboteurs se hasardent encore à Monrovia, ce qui évidemment cause un manque à gagner à l’autorité portuaire.
Quelques projets de réhabilitation et d’expansion du port, de plusieurs millions de dollars, financés par l’Union européenne et quelques donateurs étrangers attendent d’ête débloqués. Mais selon M. Trawally, ils n’ont que peu de chances de se concrétiser tant qu’un gouvernement élu n’est pas installé.
«Un retour à la démocratie ne peut qu’augmenter le trafic» estime la même source pour qui l’addition pour une réhabilitation totale du port doit s’élever à au moins trente millions de dollars.
Les importations
Le secteur des importations, dominé par les hommes d’affaires indiens et libanais, mise également sur un gouvernement élu.
«Si les élections ont lieu et que tout est calme, ce sera bon pour les affaires», déclare un anglo-libanais, commerçant en pièces détachées automobiles depuis 1978.
John, né en Sierra Leone et qui ne veut pas donner son nom, ajoute «quand il y a un gouvernement élu, personne n’a peur de faire des affaires».
Beaucoup de commerçants ont perdu leur stock lors des «événements du 6 avril», l’euphémisme utilisé pour qualifier les sept semaines de combats qui ont ensanglanté et ruiné Monrovia en avril et mai 1996.
Mais pour John, comme pour l’un de ses collègues importateur de nourriture depuis 20 ans, le nouveau commandement de l’ECOMOG (force ouest-africaine de paix), a lui aussi contribué à éloigner les perspectives d’un nouveau conflit.
«Si les élections vont bien, de nouveaux investisseurs devraient commencer à se manifester d’ici un an» déclare un autre importateur sous couvert d’anonymat.
«Si les ressources sont bien gérées, il n’y aura pas de problème de redémarrage économique d’ici deux à trois ans. Mais pour cela il faut un gouvernement sérieux», ajoute le commerçant en référence aux nombreux pillages de l’économie nationale sans que jamais les revenus n’en atteignent les caisses de l’Etat. (AFP)

