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Actualités - Chronologie

Algérie : le chef du FIS remis en liberté conditionnelle

Abassi Madani, chef du Front islamique du salut (FIS) algérien condamné à douze ans de prison en 1992, a été remis en liberté conditionnelle mardi, annonce un communiqué du parquet militaire cité par l’agence officielle algérienne APS.
Madani, président du FIS, avait été arrêté avec son adjoint Ali Belhadj en janvier 1991 et condamné en juillet 1992 à douze ans de réclusion criminelle par le tribunal militaire de Blida pour atteinte à la sécurité nationale.
Sa libération conditionnelle traduit, de la part du gouvernement, une volonté d’apaisement à l’égard des islamistes modérés dans un pays en butte à la violence meurtrière des extrémistes.
Elle intervient une semaine après la remise en liberté d’Abdelkader Hachani, qui assurait la direction par intérim du FIS lors de son interdiction, en 1992. Au terme d’un procès expéditif, Hachani a été condamné le 8 juillet à une peine de cinq ans de prison mais celle-ci était couverte par sa détention préventive.
Des dirigeants historiques du mouvement, il ne reste désormais en prison que le plus «radical», Ali Belhadj, numéro deux du mouvement, proche des groupes armés, détenu en un lieu secret.
Libéré, M. Madani va retrouver un paysage politique bien différent de celui de 1991, quand le FIS constituait la première force politique, drainait des foules immenses à ses meetings et semblait se diriger sans coup férir vers la prise du pouvoir et l’instauration d’un premier Etat islamique au Maghreb.
Sous l’impulsion du président Zéroual, largement élu en novembre 1995, l’échiquier politique a été recomposé.
Le nouveau Parlement, élu le 5 juin, est dominé par les conservateurs. Deux partis islamistes y siègent: le Mouvement de la société de la paix (MSP-ex Hamas), présent au gouvernement, et Ennahda, à la ligne plus dure.
Les autorités préparent les élections locales, prévues avant la fin de l’année, sur fond d’une reprise des massacres et des attentats.
Dans ce cadre, le geste des autorités pourrait n’être compris que comme une mesure de «clémence» pour le chef très affaibli politiquement — et physiquement, selon le FIS — par sa détention d’un mouvement qui, selon des déclarations cons-tantes des autorités, «n’a plus sa place en Algérie».

Compromis

Ali Belhadj et Abassi Madani avaient été arrêtés en juin 1991 après avoir appelé, en mai, à des manifestations de rue contre le pouvoir, réclamant des élections présidentielle et législatives anticipées.
Ces manifestations avaient duré près de cinq semaines. Elles avaient été réprimées dans le sang.
En juin 1990, le FIS avait raflé la majorité des municipalités et des assemblées départementales lors des premières élections locales pluralistes de l’Algérie depuis son indépendance en 1962. En décembre 1991, il remporte le premier tour des élections législatives.
Mais les forces «démocrates» et l’armée se mobilisent alors face à la menace de «l’intégrisme». La victoire est de courte durée pour le FIS: le 11 janvier 1992, le président Chadli Benjédid est contraint à la démission et le scrutin annulé sous la pression de l’armée.
Les affrontements entre islamistes passés à la clandestinité et forces de sécurité se multiplient, l’état d’urgence est imposé et le FIS dissous le 4 mars 1992. Des milliers de militants islamistes sont arrêtés et internés dans des camps dans le Sahara. Les groupes armés prennent la relève d’une direction politique décapitée.
En septembre 1994, les deux chefs du FIS sont élargis et placés en détention surveillée. Des négociations s’engagent avec le pouvoir. Elles achopperont, ainsi qu’en 1995, sur la question de l’arrêt des violences.
Les chefs du FIS réclament d’être libérés au préalable, ce que le président Liamine Zéroual refuse.
Il y a un mois et demi, l’instance exécutive du FIS avait de nouveau réclamé des négociations avec le pouvoir, en adoptant un ton plus conciliant, et en parlant, pour la première fois, de possible «compromis». (Reuter, AFP)
Abassi Madani, chef du Front islamique du salut (FIS) algérien condamné à douze ans de prison en 1992, a été remis en liberté conditionnelle mardi, annonce un communiqué du parquet militaire cité par l’agence officielle algérienne APS.Madani, président du FIS, avait été arrêté avec son adjoint Ali Belhadj en janvier 1991 et condamné en juillet 1992 à douze ans de réclusion criminelle par le tribunal militaire de Blida pour atteinte à la sécurité nationale.Sa libération conditionnelle traduit, de la part du gouvernement, une volonté d’apaisement à l’égard des islamistes modérés dans un pays en butte à la violence meurtrière des extrémistes.Elle intervient une semaine après la remise en liberté d’Abdelkader Hachani, qui assurait la direction par intérim du FIS lors de son interdiction, en 1992. Au...