Dans un communiqué, Tony Blair a estimé «important qu’aucune des parties n’agisse d’une façon susceptible d’endommager les perspectives de paix». «Il est clair que la construction continue de colonies israéliennes de peuplement n’est pas seulement illégale au regard de la loi internationale, mais constitue aussi un obstacle majeur sur la voie de la paix», a ajouté le premier ministre britannique.
«A l’approche de notre présidence européenne, nous donnerons une attention particulière aux façons dont l’Europe peut contribuer» au processus de paix, a indiqué M. Blair, qui a également assuré M. Arafat du «soutien matériel continu» de Londres aux Palestiniens, actuellement de l’ordre de 25 millions de livres par an.
Le premier ministre britannique a également eu lundi à Downing Street un entretien avec le leader de l’opposition travailliste israélienne Ehud Barak.
Yasser Arafat, s’exprimant à l’issue d’un entretien de 45 minutes à Downing Street avec M. Blair, a qualifié la rencontre de «très positive et très importante». Il a remercié M. Blair pour «tout ce qu’il fait pour protéger le processus de paix, plus particulièrement en ce contexte d’impasse».
«Nous avons de plus en plus besoin de ses efforts intensifs afin de dégager la voie pour une réelle et fidèle mise en œuvre de ce qui fut signé à la Maison-Blanche», a déclaré M. Arafat, se référant à l’accord d’Oslo sur l’autonomie palestinienne limitée.
«Les Palestiniens comptent beaucoup sur l’aide européenne pour sauver le processus de paix», a-t-il ajouté.
Lundi, les pays européens tentaient d’obtenir des modifications à un projet de résolution appelant à des sanctions contre Israël qui doit être soumis mardi à l’Assemblée générale de l’ONU.
L’Assemblée générale des Nations Unies doit se réunir aujourd’hui en session spéciale d’urgence pour se prononcer sur cette résolution préparée par le groupe des pays arabes de l’ONU et appelant à des sanctions économiques à l’encontre d’Israël pour son refus d’arrêter la construction d’implantations en Cisjordanie.
Des diplomates occidentaux ont indiqué que des représentants de l’Union européenne tentaient de persuader les pays arabes d’accepter des amendements au texte.
Désireux de s’assurer l’appui des pays de l’Union européenne, le groupe des pays arabes a déjà atténué son projet de résolution, en retirant notamment un passage du texte qui appelait à l’exclusion d’Israël des travaux de l’Assemblée générale tant que ce pays n’aura pas mis un terme à sa politique de colonisation.
En revanche, le projet de résolution appelait toujours lundi les pays membres de l’ONU à «arrêter toute aide aux implantations israéliennes et à leurs infrastructures économiques», que cette aide soit fournie par des firmes ou par des particuliers.
Le texte appelle également au refus des importations de biens produits ou manufacturés dans les implantations situées en territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem.
Les diplomates occidentaux ont indiqué que cette résolution devrait obtenir une majorité à l’Assemblée générale de l’ONU, au sein de laquelle aucun pays n’a droit de veto.
Cependant les 15 Etats membres de l’Union européenne sont toujours divisés sur l’attitude à adopter, et les diplomates occidentaux ont affirmé qu’à moins que la résolution ne soit atténuée, des Etats du nord de l’Europe pourraient voter contre. Un tel vote négatif pourrait influencer celui d’autres pays européens et des pays d’Amérique latine.
A la suite de deux vetos américains au Conseil de Sécurité, en mars dernier, qui avaient empêché d’adopter des résolutions condamnant Israël, le groupe des pays arabes avait demandé une session d’urgence de l’Assemblée générale. Une telle session peut être demandée quand le Conseil de Sécurité manque à ses devoirs pour maintenir la paix et la sécurité internationale. (AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir