La coalition souhaite que les discussions se poursuivent avec le SPD sur le projet d’allégement de la fiscalité mais a accusé ce parti de bloquer des réformes que l’économie allemande a grandement besoin.
Le projet de loi, qui prévoit de réduire les impôts sur le revenu de quelque 30 milliards de marks sur les deux prochaines années, a été présenté à la Chambre basse (Bundestag) le mois dernier, avant d’être bloqué par la Chambre haute (Bundesrat) contrôlée par l’opposition.
«Tant que la majorité du SPD au Bundesrat jouera ce jeu, il est ridicule de lancer des initiatives qui, nous le savons, seront bloquées par (le chef du SPD Oskar) Lafontaine avec sa politique de la terre brûlée», a estimé à la radio allemande Wolfgang Schaueble, proche conseiller du Chancelier.
Les perspectives de compromis paraissent minces et Henning Voscherau, maire de Hambourg et responsable des négociations pour le SPD, a déclaré que l’Allemagne ne parviendrait pas à une réforme satisfaisante de son système fiscal avant au moins quatre ans.
«Je pense qu’il est réaliste qu’une réforme fiscale juste et raisonnable ne soit adoptée que par un gouvernement à majorité SPD», a-t-il précisé dans un entretien au magazine «Spiegel», paraissant lundi.
Il s’attend à ce qu’Helmut Kohl perde les élections législatives l’année prochaine et qu’un nouveau gouvernement SPD soit ensuite nécessaire jusqu’en 2001 pour mettre au point la réforme fiscale.
Le ministre des Finances, Theo Waigel, dans ses efforts pour placer l’économie sur la voie de l’union économique et monétaire européenne, a cherché vendredi à obtenir l’adhésion du gouvernement à son collectif budgétaire pour 1997 et 1998 après des semaines de difficiles tractations.
Il espère que la réforme fiscale entraînera un redémarrage de l’investissement dans une économie affectée par le chômage.
Pour le SPD cependant, ce projet ne comblera pas le trou de 45 milliards de marks dans le budget fédéral, des régions et des municipalités et n’aidera guère les bas revenus et l’investissement.
Par ailleurs, l’économiste allemand Juergen Donges a estimé que le chancelier Helmut Kohl ne doit pas exclure un report de l’union économique et monétaire (UEM) européenne qui doit démarrer en 1999.
«Un report est possible. L’histoire retiendra que nous l’avons bien démarrée et non qu’elle a débuté à un moment donné», a-t-il déclaré dans un entretien au magazine «Focus», à paraître lundi.
Pour Juergen Donges, l’un des conseillers économiques allemands connus comme les «cinq sages», la crainte qu’un report de la monnaie unique ne provoque une forte appréciation du deutschemark n’est pas fondée.
«Ce serait plausible si la parité actuelle du deutschemark sur les marchés financiers anticipait l’euro, dans la mesure où ils ne croient pas à sa stabilité. Mais cela prouvera simplement que l’Europe n’est pas prête pour une monnaie commune et stable», a-t-il expliqué.
L’économiste ne pense pas que l’Allemagne pourra atteindre le critère de déficit de 3% du produit intérieur brut sans compter sur des procédés artificiels, mais qu’il est important qu’il soit respecté avant le démarrage de l’euro.
«L’exemple de la France montre combien 3,1% peut vite devenir 3,6% ou 3,8%. Ce doit être un niveau fixe. Un juge ne peut accepter qu’un conducteur dépasse légèrement le taux d’alcoolémie autorisé et dise «mais ce n’était qu’un demi-verre de bière en plus», a-t-il conclu. (Reuter)


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