«Il y a une contradiction fondamentale entre la volonté de construire une industrie européenne de défense et celle de garder l’industrie française sous le contrôle de l’Etat», a déclaré M. Dassault à l’AFP.
«L’Etat n’a pas besoin de conserver des entreprises à statut public pour en garder le contrôle: une «golden share» (action spécifique) est suffisante pour lui assurer un contrôle parfait sur toutes les grandes décisions stratégiques», a-t-il fait valoir, en soulignant que c’était le cas notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne. «Il faut privatiser tout cela rapidement», a-t-il ajouté.
M. Dassault a affirmé qu’il souhaitait toujours une fusion de Dassault Aviation avec le groupe public français Aerospatiale, mais «exclusivement dans le cadre d’une privatisation du nouvel ensemble», selon le schéma prévu par le précédent gouvernement de droite. «C’est ce schéma ou rien», a-t-il ajouté.
Le président d’Aerospatiale Yves Michot avait plaidé lui aussi la semaine dernière devant la Commission de défense de l’Assemblée nationale pour la poursuite du processus de fusion-privatisation de Dassault et Aerospatiale engagé par le précédent gouvernement du gaulliste Alain Juppé, estimant qu’il s’agissait d’une «nécessité technologique, commerciale et stratégique».
La Commission de défense de la nouvelle Assemblée à majorité de gauche élue le 1er juin dernier a entrepris de «dresser un état des lieux des industries de défense», afin de «dégager ce qui pourrait être une politique de restructuration de l’industrie de défense française et européenne pour contrer l’offensive américaine», a indiqué son président, l’ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès.
Elle devait encore entendre mardi les PDG des groupes français Matra Hautes Technologies Noël Forgeard, d’Alcatel Serge Tchuruk, de SNECMA Jean-Paul Béchat, ainsi que, pour la première fois, les dirigeants de deux grands groupes européens partenaires des Français: le président du groupe allemand Daimler Benz Aerospace (DASA) Manfred Bischoff et de directeur général de British Aerospace John Weston. (AFP)


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