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Actualités - Chronologie

Elargissement de l'OTAN : de l'enthousiasme à l'amertume

La décision de l’OTAN d’inviter la République tchèque, la Hongrie et la Pologne à rejoindre ses rangs a été accueillie comme un «moment historique» par ces trois pays, tandis que la Roumanie, écartée de cette première vague, disait son «amertume», et que Moscou qualifiait cette décision de «faute majeure».
Le président américain Bill Clinton a, quant à lui, qualifié de «pas de géant» sur la voie d’une «nouvelle Europe» la décision prise au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de Madrid d’inviter ces trois pays — les seuls qui avaient le soutien de Washington — à commencer à négocier leur adhésion à l’Alliance atlantique.
M. Clinton a souligné l’«exemple extraordinaire (donné par les trois pays choisis) aux autres nouvelles démocraties d’Europe centrale et de l’est, du coin nord-ouest au coin sud-est de l’Europe».
Le président français Jacques Chirac, l’un des plus chauds partisans de l’inclusion dans la première vague de la Roumanie et de la Slovénie, s’est félicité de ce que le sommet avait permis de tracer «une perspective claire» pour la future adhésion de ces deux pays.
«Il y a une date, qui est 1999, et deux noms» (Slovénie et Roumanie) dans un «paragraphe précis» du communiqué final, a souligné le chef de l’Etat français.
En Pologne, le premier ministre Wlodzimierz Cimoszewicz a estimé que la décision de Madrid pouvait «passer dans l’Histoire comme marquant la fin de l’ordre de Yalta», et que ce jour «déterminera l’avenir de la Pologne dans la structure du monde démocratique».
L’ex-premier ministre polonais de droite Jan Olszwski a toutefois estimé que l’élargissement de l’OTAN continuerait «à être saboté par des actions politiques dirigées par les Russes», et notamment par le lobby russe aux Etats-Unis et en
Europe occidentale.

Effacer Yalta

A Budapest, le secrétaire d’Etat hongrois aux Affaires étrangères Matyas Eorsi a lui aussi qualifié cette décision de «véritablement historique» en venant l’annoncer aux membres du Parlement, qui ont applaudi chaleureusement.
A Prague, le premier ministre tchèque Vaclav Klaus, cité par son parti, a salué ce «pas exceptionnellement important non seulement pour assurer notre sécurité mais aussi pour notre intégration dans la famille des pays développés», et souligné que son pays ne comptait pas être «un simple consommateur de garanties offertes par d’autres pays, mais un élément actif de la construction de la sécurité européenne».
«Le sommet de Madrid a effacé les conséquences de Munich et de Yalta», a renchéri le ministre des Affaires étrangères Josef Zieleniec.
A Bucarest en revanche, le président du Sénat roumain, Petre Roman, a souligné que ses compatriotes pouvaient «ressentir de l’amertume» de ne pas figurer dans la «première vague» d’élargissement.
«Franchement, il y a de l’amertume. Et ce n’est pas le résultat d’une fausse illusion. Nous pouvions raisonnablement aspirer à être invités, car la Roumanie dispose de quelques atouts majeurs au regard des ambitions actuelles de l’OTAN, c’est-à-dire une Europe stable, démocratique, sécurisée», a déclaré M. Ro- man.
L’ancien premier ministre s’est réjoui toutefois de ce que «la France, l’Italie, le Canada, ceux qui nous soutenaient, et ceux qui nous acceptaient, (aient) très bien compris le rôle de la Roumanie, qui se trouve dans la zone la plus sensible en Europe, en matière de sécurité et de démocratie».
La Slovénie, le deuxième pays dont la candidature était soutenue par certains pays européens mais pas par Washington, s’est contenté de souligner qu’elle poursuivrait ses efforts pour intégrer l’OTAN.
«L’intégration à l’OTAN continuera d’être la priorité de notre politique de défense et de sécurité et nous continuerons à construire nos forces de défense en accord avec les standards de l’OTAN», a déclaré le secrétaire d’Etat slovène aux Affaires étrangères Ivo Vajgl.
Enfin, à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov, dont le pays est farouchement opposé à cet élargissement, a qualifié la décision de «faute majeure, peut-être la plus grosse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale». (AFP)
La décision de l’OTAN d’inviter la République tchèque, la Hongrie et la Pologne à rejoindre ses rangs a été accueillie comme un «moment historique» par ces trois pays, tandis que la Roumanie, écartée de cette première vague, disait son «amertume», et que Moscou qualifiait cette décision de «faute majeure».Le président américain Bill Clinton a, quant à lui, qualifié de «pas de géant» sur la voie d’une «nouvelle Europe» la décision prise au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de Madrid d’inviter ces trois pays — les seuls qui avaient le soutien de Washington — à commencer à négocier leur adhésion à l’Alliance atlantique.M. Clinton a souligné l’«exemple extraordinaire (donné par les trois pays choisis) aux autres nouvelles démocraties d’Europe centrale et de l’est, du coin...