Dans un bref communiqué, le guide de la confrérie Abdel Majid Zneibat a indiqué que le «Conseil consultatif (30 membres) des Frères musulmans a décidé de boycotter les élections législatives de 1997» à l’issue d’une réunion de sept heures dans la nuit de mardi à mercredi.
Cette décision devrait ouvrir la voie à un boycottage des élections par le Front de l’action islamique (FAI), le plus puissant des onze formations de l’opposition, très lié aux Frères musulmans et qui se conforme à leurs décisions politiques.
Le FAI a été créé en 1992, date à laquelle la Jordanie a légalisé les partis politiques. Les dix autres formations, des petits partis de gauche, pourraient suivre en cas de boycottage du FAI, selon les milieux politiques.
Les avis sont toutefois partagés sur les intentions réelles des Frères musulmans: tactique politique ou une volonté réelle de se démarquer d’un processus de démocratisation critiqué par les islamistes.
Des personnalités politiques indépendantes interrogées par l’AFP ont estimé que les islamistes voulaient par cette décision, pousser le gouvernement à prolonger le mandat du Parlement, élu en 1993, n’étant pas assurés d’obtenir le même nombre de sièges (16 sur 80) lors de prochaines élections.
Le ministre d’Etat pour l’Information, Samir Motaweh, a déclaré à l’AFP qu’un boycottage des islamistes n’affecterait pas la tenue des législatives «qui auront lieu à la date prévue par la constitution».
A titre individuel
Celle-ci prévoit la tenue d’élections générales tous les quatre ans. Depuis le début du processus de démocratisation, deux scrutins ont eu lieu — novembre 1989 et novembre 1993.
Selon les milieux politiques, le mode de scrutin uninominal, adopté en 1993 au lieu du scrutin de liste, avait déjà porté un coup dur aux islamistes qui ont perdu six sièges aux dernières législatives.
Ce système risque de les pénaliser davantage en novembre 1997 surtout après la constitution d’une grande formation de droite, le Parti national constitutionnel, issue de l’union de neuf partis.
«La décision de boycotter officiellement les législatives n’empêchera pas des candidats islamistes de se présenter aux élections à titre individuel, mais évitera à la confrérie de se jeter de tout son poids dans la bataille électorale, au risque de ne remporter qu’un nombre de sièges limité», a déclaré une personnalité politique indépendante.
Selon des sources proches de la confrérie, une majorité des membres de son Conseil consultatif a jugé «inutile» une participation du mouvement aux élections, estimant que le Parlement ne remplit pas, dans les conditions actuelles, son rôle consistant à contrôler l’action du gouvernement.
De même source, on précise que les membres du Conseil reprochent à «l’exécutif de gouverner seul et de prendre des décisions cruciales sans en référer au peuple».
«Depuis la signature du traité de paix entre la Jordanie et Israël (en octobre 1994), auquel était opposé un grand nombre de Jordaniens, le gouvernement agit comme si le Parlement n’existait pas», a-t-on ajouté. (AFP)


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