Dans une interview publiée mardi par le quotidien «Milliyet», Bulent Orakoglu n’a pas précisé si effectivement l’armée turque avait préparé un coup d’Etat contre l’ancien gouvernement à dominante islamiste de Necmettin Erbakan, qui a démissionné en juin.
Mais il a indiqué que c’était bien dans le but de renseigner les autorités civiles, notamment le président Suleyman Demirel, sur les activités de l’armée et sur d’éventuels préparatifs de ce genre qu’il avait travaillé.
«Je ne nie pas que j’ai accompli ma tâche dans le cadre des lois et que j’ai transmis les informations qui m’étaient parvenues au plus haut responsable de la hiérarchie civile», a dit M. Orakoglu.
«M. Demirel est quelqu’un qui s’est plaint dans le passé de n’avoir pas été informé de la préparation de coups d’Etat», a-t-il ajouté. M. Demirel a été renversé deux fois par des putschs militaires alors qu’il était premier ministre.
M. Orakoglu, qui a fait ces déclarations à une journaliste de «Milliyet» dans l’avion qui le ramenait des Etats-Unis en Turquie, a toutefois nié avoir eu recours aux écoutes téléphoniques pour recueillir ses informations.
Il avait été envoyé aux Etats-Unis par l’ancien ministre de l’Intérieur Meral Aksener, proche de l’ex-ministre des Affaires étrangères Tansu Ciller, alliée de M. Erbakan dans l’ancien gouvernement, après que l’armée, qui se doutait qu’elle était écoutée, eut demandé au ministère de l’Intérieur d’entreprendre une enquête sur ses activités.
Rappelé par le nouveau gouvernement de Mesut Yilmaz, M. Orakoglu a regagné la Turquie lundi.
Une enquête a été ouverte sur la présence d’une organisation au sein de la police qui écoutait les téléphones notamment de l’état-major des armées.
Le gouvernement Erbakan-Ciller avait démissionné le 18 juin après une longue période de tension avec l’armée qui accusait les islamistes de favoriser la montée du fondamentalisme islamique. Cette tension avait suscité la crainte d’un coup d’Etat dans un pays où l’armée en a déjà fait trois depuis 1960. (AFP)


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