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Actualités - Chronologie

Les industriels préparent la libéralisation du téléphone

Les industriels européens dépensent des milliards pour participer à la libéralisation totale des services du téléphone mais il leur faudra jouer des coudes pour avoir part au festin et grignoter la clientèle des monopoles publics.
En France, Allemagne, Belgique, Italie, Autriche, Norvège, Suisse, il reste moins de six mois avant l’ouverture à la concurrence du marché de la téléphonie classique que les abonnés hollandais peuvent goûter depuis le 1er juillet. L’Espagne a obtenu un sursis de onze mois par rapport à la date fatidique du 1er janvier 1998, le Portugal et la Grèce disposant de deux ans de répit.
Mais dans tous les pays où les privés ont déjà droit de cité, l’ancien monopole d’Etat a conservé la part du lion. En Grande-Bretagne, British Telecom (BT) a encore 80% du marché alors qu’une dose de compétition a été introduite dès 1984 avec le duopole BT/ Mercury. En Suède, la compagnie nationale Telia revendique 93% du marché où une myriade de petits concurrents s’est risquée à partir de 1993.
Malgré des taux de croissance prometteurs et la création probable de nouveaux services, le marché européen libéralisé des télécommunications — évalué actuellement à 228 milliards de dollars — ne sera pas une machine à sous.
La concurrence devrait négliger les réseaux locaux, sauf dans les grandes villes, pour se concentrer sur les communications longue distance comme au Danemark où le marché est ouvert depuis 1996. Globalement favorable au consommateur, le changement profitera surtout aux entreprises.
Contrairement à la téléphonie mobile où les opérateurs, privés ou publics, sont tous partis de rien, il va falloir dans le téléphone classique partir à l’assaut de positions solidement établies. Et c’est sans compter la tentation de certains anciens monopoles de jouer de leurs avantages acquis.
Tel le Néerlandais KPN qui renâcle à permettre dès le 1er janvier aux abonnés de conserver leur numéro de téléphone s’ils changent de compagnie. Ou encore l’Allemand Deutsche Telekom qui fait traîner la fixation des tarifs de raccordement à son réseau (interconnexion) obligeant sont principal actionnaire, l’Etat, à menacer de sévir.
«Les nouveaux opérateurs prennent conscience que ce ne sera pas facile de prendre des parts de marché. Ils vont devoir se montrer assez sélectifs dans leurs investissements», estime selon Thierry Magnan, analyste à la Société Générale.
En Allemagne, le groupe RWE, pourtant riche grâce aux revenus tirés de la vente d’électricité, a dû renoncer à faire cavalier seul. Il s’est rangé dans le camp du groupe de Munich VIAG et de BT, avant de rallier finalement le groupe rhénan voisin Veba. Veba et RWE prévoient 4 milliards de dollars d’investissements d’ici à 2005 dans leur compagnie commune o. tel.,o., dont les publicités ont déjà envahi les stades et les journaux.
Quant au groupe sidérurgique Thyssen, isolé, il a dû réviser à la baisse ses ambitions, décidant d’une mise de fond réduite sur quelques créneaux, comme la téléphonie sur internet.
A l’approche de la libéralisation, les industriels se sont livrés à une débauche d’accords stratégiques croisés à travers l’Europe, recherchant soit à se faire prêter main forte par un opérateur expérimenté comme BT ou le numéro un américain AT+T, soit à s’allier avec tout ce qui possédait déjà un réseau télécoms comme les chemins de fer. En France, Cegetel (groupe Général des Eaux) s’est allié à la SNCF au détriment du groupe Bouygues tout comme en Allemagne, Mannesmann (actionnaire de Cegetel à 15%) a remporté l’appel d’offre de la Deutsche Bahn.
La course aux alliances n’est pas encore tout à fait terminée. En Espagne, Retevision, futur concurrent de Telefonica est convoité par deux consortiums. En Italie, le groupe Stet/ Telecom Italia, encore public, vient tout juste de nouer un partenariat avec l’Américain AT+T pour l’Europe et l’Amérique latine.
Mais outre le choix des bons partenaires, la prime ira à ceux qui arriveront le plus tôt sur le marché, qui auront financièrement les reins solides et surtout seront astucieux sur le plan marketing, selon M. Magnan. (AFP)
Les industriels européens dépensent des milliards pour participer à la libéralisation totale des services du téléphone mais il leur faudra jouer des coudes pour avoir part au festin et grignoter la clientèle des monopoles publics.En France, Allemagne, Belgique, Italie, Autriche, Norvège, Suisse, il reste moins de six mois avant l’ouverture à la concurrence du marché de la téléphonie classique que les abonnés hollandais peuvent goûter depuis le 1er juillet. L’Espagne a obtenu un sursis de onze mois par rapport à la date fatidique du 1er janvier 1998, le Portugal et la Grèce disposant de deux ans de répit.Mais dans tous les pays où les privés ont déjà droit de cité, l’ancien monopole d’Etat a conservé la part du lion. En Grande-Bretagne, British Telecom (BT) a encore 80% du marché alors qu’une dose de...