Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Shopping Au bout du luxe

L’océan Pacifique, le soleil des tropiques et des milliers de mètres carrés entièrement dévolus aux plus célèbres marques de luxe du monde, le tout à trois heures d’avion du Japon: concocté par l’américain Duty Free Shoppers (DFS), récemment racheté par LVMH, le cocktail ne cesse d’emballer les Japonais, férus de shopping.
A Guam, la plus grande des îles Mariannes, en Micronésie, qui abrite une très importante base aéronavale américaine, les touristes japonais (un million l’an dernier) représentent les trois quarts des visiteurs. Les autres sont surtout des Coréens et des Taïwanais.
Sur l’avenue principale qui longe la baie de Tumon, bordée de prestigieux hôtels, pas un touriste qui ne porte sous le bras son sac d’emplettes de luxe. DFS y a installé l’un des plus gros de ses 180 magasins éparpillés entre la côte ouest des Etats-Unis et le bassin Asie-Pacifique. «Deux millions de visiteurs par an», annonce son directeur.
A Saïpan, l’île voisine (60.000 habitants) où se pressent chaque année près d’un demi-million de Japonais, les seules ventes de DFS représentent 60% de l’ensemble du commerce de détail.
Compte tenu du statut fiscal particulier de l’île, comme d’ailleurs à Singapour, Guam, Hong Kong, etc., seuls l’alcool et le tabac sont taxés. Résultat: les magasins de centre-ville se sont multipliés (plus des deux tiers du chiffre d’affaires de DFS) aux dépens de ceux d’aéroport, où le droit d’entrée est de plus en plus élevé (jusqu’à plus de 60% de rétrocession des ventes).
Dans les magasins, tout est organisé pour attirer le maximum de clients. La clé de l’hôtel est sciemment glissée dans une enveloppe bourrée de prospectus sur les complexes DFS. Arrivé généralement en bus au «supermarché du luxe», le client se voit offrir son retour en taxi à l’hôtel.
Des cameramen lui proposent de le filmer en train de faire son shopping. La propreté est omniprésente, le sourire du vendeur aussi. Les prix sont affichés en yen et en dollars et tous les vendeurs parlent japonais. Tout est ouvert sept jours sur sept, 365 jours par an.

Risque de lassitude

Mieux encore, à l’aéroport de Saïpan, les passagers sont obligés de traverser le magasin DFS pour accéder aux salles d’embarquement. «Nous atteignons un taux de 100% de pénétration», proclame fièrement David Hawkins, vice-président de DFS Saïpan.
A Singapour, pas un groupe de Japonais ne manque la visite de DFS Millenia, le plus gros magasin du groupe dans la ville. Or les deux tiers des visiteurs nippons de l’île voyagent en groupe.
Le secret de cet engouement? Des forfaits de séjour ultra-compétitifs (autour de 3.000 francs pour quatre jours et trois nuits, avion et hôtel compris). Et une irrépressible envie de fuir les grandes mégalopoles du Japon.
Une fois sur place, le touriste japonais n’aspire qu’à dépenser son argent. «La crise de la consommation n’est pas encore passée chez eux. Ils n’ont pas eu droit à leur mai 68», explique Yves Carcelle, Pdg de Louis Vuitton Malletier, dont près de la moitié des 212 points de vente sont en Asie-Pacifique.
Dans cette région, les experts attendent 10,6 millions de visiteurs japonais en l’an 2000 contre 7,1 millions il y a trois ans. Dans le même temps, leurs dépenses de «travel shopping» devraient quasiment doubler pour atteindre 4,8 milliards de dollars (28 mds FF).
Reste le risque de la lassitude et de la concurrence. Les prix sont de moins en moins attirants. La hausse du yen est passée par là et les magasins de «discount» font des ravages au Japon. (AFP)
L’océan Pacifique, le soleil des tropiques et des milliers de mètres carrés entièrement dévolus aux plus célèbres marques de luxe du monde, le tout à trois heures d’avion du Japon: concocté par l’américain Duty Free Shoppers (DFS), récemment racheté par LVMH, le cocktail ne cesse d’emballer les Japonais, férus de shopping.A Guam, la plus grande des îles Mariannes, en Micronésie, qui abrite une très importante base aéronavale américaine, les touristes japonais (un million l’an dernier) représentent les trois quarts des visiteurs. Les autres sont surtout des Coréens et des Taïwanais.Sur l’avenue principale qui longe la baie de Tumon, bordée de prestigieux hôtels, pas un touriste qui ne porte sous le bras son sac d’emplettes de luxe. DFS y a installé l’un des plus gros de ses 180 magasins éparpillés...