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Actualités - Chronologie

Le mythe en quatre biographies

L’épopée d’Ernesto Guevara de la Serna, dit le «Che», selon une expression populaire argentine, vient de faire l’objet de deux volumineuses biographies — et deux autres ouvrages sont attendus — qui entretiennent la légende romantique du «guerillero heroico», tout en contenant une abondante documentation historique.
Ces quatre ouvrage ont été édités à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du Che.
Né en 1928, à Rosario (Argentine), dans une famille bourgeoise désargentée, Che Guevara parcourt l’Amérique latine, dès les années 50, en Bolivie — déjà — au Guatemala et au Mexique, où il fait une rencontre décisive en 1955, celle de Fidel Castro.
Puis c’est l’expédition du Granma qui transporta 82 hommes des côtes mexicaines jusqu’au sud-est de Cuba.
Le Che décide là, dans la Sierra Maestra (1956), de troquer sa mallette de médecin contre un équipement de soldat.
Le Che était tout à la fois charmeur et exigeant, curieux et déterminé, intransigeant, avec lui-même comme avec les autres, brillant et austère et aussi... asthmatique.
Le journaliste Pierre Kalfon, dans «Che Ernesto Guevara, une légende du siècle» (Seuil, 620 pages), ajoute au romanesque du personnage dans le récit de l’enfance et de sa jeunesse. Ensuite, sur les débuts de la révolution cubaine, ses relations avec Fidel Castro et l’action dans les maquis, le ton est plus distancié. Le journaliste Pierre Kalfon s’appuie sur une foule de publications et de témoignages mais son ouvrage est facile même pour un lecteur peu averti de cette tranche de l’histoire contemporaine.
L’auteur de «Ernesto Guevara connu aussi comme le Che», (Métailié/Payot, 800 pages), le Mexicain Paco Ignacio Taibo II, est le maître du nouveau roman noir mexicain. Ce n’est pas le roman noir du Che, mais une vision romantique qui ne tombe pas dans l’hagiographie, où le Che apparaît parfois comme un homme dur, inflexible. «Il est notre saint laïc. Presque trente ans après sa mort, son image traverse les générations, son mythe perdure au milieu des délires de grandeur du néolibéralisme. Insolent, moqueur, têtu, moralement têtu, inoubliable».
Best-seller au Mexique, ce livre, d’une plume alerte, suit le Che jusque dans la Sierra Maestra, son action gouvernementale, et notamment son opposition à l’économiste René Dumont.

Documentaire et CD

Une édition augmentée de la biographie (1995) du journaliste Jean Cormier reparaît également (Editions du Rocher, 452 pages).
«A Revolutionary Life» (Une vie révolutionnaire), biographie écrite par un Américain, John Lee Anderson, parue aux Etats-Unis, n’est pas encore sortie en France, de même que «La Vida en rojo» (La vie en rouge), publiée en Argentine par Jorge G. Castaneda.
Enfin, apprenait-on lors de la dernière foire du livre de Francfort, la Chilienne Carmen Castillo travaillait sur «Tania et Che Guevara». «Tania la Guerrillera» trouva la mort dans le maquis bolivien. Il est vraisemblable que ses restes soient dans une autre fosse commune, également à Vallegrande.
Prévu pour fin 1997 ou 1998, ce roman a été vendu avant qu’une ligne ne soit écrite. La Warner, a indiqué l’éditeur, doit préparer un film qui s’en inspire, réalisé par le Britannique Michael Radford, «Le Facteur» (Il postino).
Un CD «El Che Vive! 1967-1997», publié au début de l’année par le label français Last Call, s’est vendu à quelque 30.000 exemplaires. Un score, de l’avis des professionnels, plus qu’honorable pour ce type de production. Il réédite 16 chansons écrites en l’honneur du Che, interprétées par des artistes prestigieux comme l’Argentin Atahualpa Yupanqui, les Chiliens Victor Jara et Angel Parra. On y entend la voix un peu nasillarde du Che, dans un extrait du discours qu’il prononça aux Nations Unies, le 11 décembre 1964. Che Guevara aurait aujourd’hui près de 70 ans.
Un dernier livre vient également d’être édité en France, «Un homme dans la guerilla du Che» (Ed. Graphien), livre-journal de bord d’un des «companeros» du Che, «Pombo», tenu pendant la guérilla bolivienne. L’original, comme celui du «Diario de Bolivia» du Che, est toujours en possession des autorités boliviennes. «Pombo» est un des trois Cubains survivants de la guérilla de Bolivie, avec Urbano et Benigno qui, depuis la fin de 1995, est réfugié en France.
Benigno est l’aureur de deux livres récents «Les Survivants» et «Vie et mort de la révolution cubaine». (AFP)
L’épopée d’Ernesto Guevara de la Serna, dit le «Che», selon une expression populaire argentine, vient de faire l’objet de deux volumineuses biographies — et deux autres ouvrages sont attendus — qui entretiennent la légende romantique du «guerillero heroico», tout en contenant une abondante documentation historique.Ces quatre ouvrage ont été édités à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du Che.Né en 1928, à Rosario (Argentine), dans une famille bourgeoise désargentée, Che Guevara parcourt l’Amérique latine, dès les années 50, en Bolivie — déjà — au Guatemala et au Mexique, où il fait une rencontre décisive en 1955, celle de Fidel Castro.Puis c’est l’expédition du Granma qui transporta 82 hommes des côtes mexicaines jusqu’au sud-est de Cuba.Le Che décide là, dans la Sierra...