M. Mohammed Nachachibi a proposé la création d’un fonds de 600 millions de dollars pour encourager les investissements dans les secteurs de l’habitat et du tourisme, générateurs d’emplois pour les habitants des territoires.
Le ministre a fait cette proposition devant des dizaines d’hommes d’affaires palestiniens de l’intérieur et de la diaspora, réunis à Naplouse en Cisjordanie pour un séminaire sur les perspectives d’investissements dans les territoires.
Les investissements privés dans les territoires ont baissé de 1,012 milliard de dollars en 1992 à 527 millions de dollars en 1994, avant de tomber à 255 M USD en 1996, selon le ministre.
Il a expliqué cette chute brutale des investissements par les bouclages à répétition des territoires auxquels procède épisodiquement l’Etat hébreu, privant des dizaines de milliers de Palestiniens de leur travail en Israël et bloquant les échanges commerciaux.
«La politique israélienne du bouclage s’est traduite par un manque à gagner de 400 millions de dollars», a noté M. Nachachibi.
Outre les hommes d’affaires, les banques opérant dans les territoires palestiniens doivent contribuer à la promotion des investissements, selon lui.
Il a ainsi appelé les banques à consacrer 30% de leurs dépôts, estimés à quelque 540 M USD, au secteur de l’habitat et au développement de l’infrastructure économique dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Fonds de garantie
«Nous cherchons à revenir au niveau des investissements de 1988, estimés alors à 1,1 M USD», a expliqué un expert du centre des recherches palestinien, M. Hicham Ourtani.
Face à l’hésitation des opérateurs étrangers à investir dans les territoires autonomes en raison de la précarité du processus de paix avec Israël, les Palestiniens comptent notamment sur la contribution de leurs compatriotes de la diaspora dont les avoirs se montent, selon des sources palestiniennes, à quelque 100 M USD.
Pour attirer ces capitaux, «il faut mettre en place une stratégie d’investissement afin de déterminer les secteurs prioritaires et favoriser la création de projets rentables et compétitifs», a expliqué un homme d’affaires palestinien, Soubih Masri.
Pour cet investisseur, qui a lancé plusieurs projets dans les villes autonomes, «Israël a, pour sa politique de bouclage, mis en échec plusieurs projets d’investissements».
Pour encourager les opérateurs potentiels, un fonds de garantie des investissements en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avait été créé, avec l’aide de la Banque mondiale qui en a placé 10 M USD et promis de collecter 40 M USD auprès des pays donateurs.
Dans un rapport rendu public cette semaine, le ministère palestinien du Plan a brossé un tableau sombre de l’avenir des territoires palestiniens, menacés par de nouvelles années de vaches maigres, après une forte baisse du Produit national brut, (PNB) et une croissance démographique accrue.
Ce rapport, une ébauche préliminaire d’un plan de développement palestinien, indiquait que le PNB dans les territoires avait chuté de 18,4% entre 1992 et 1996, soit une baisse d’environ six milliards de dollars, en grande partie due aux bouclages.
Le PNB par tête d’habitant est tombé de 2.299 dollars en 1985 à 1.304 dollars en 1996 dans les territoires où le taux de chômage, très élevé, peut atteindre durant les bouclages 50%, contre 29% en temps normal, selon des estimations palestiniennes. (AFP)


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