Le grand Danois, successeur d’un Miguel Indurain en plein déclin, ne peut cacher sa calvitie prononcée ou ses 33 ans.
Ces deux stigmates du temps largement visibles devraient inciter encore un peu plus ses cadets, dont son jeune coéquipier allemand Jan Ullrich, à le pousser rapidement vers la sortie.
Pourtant, dans le lot d’ambitions qui s’expriment depuis le départ du grand Navarrais, aucune n’a permis de désigner à coup sûr un vainqueur d’avenir.
Le Tour de France est plus ouvert qu’il ne le fut jamais depuis le début de la décennie.
Et cette année, la montagne, avec 15 cols et un contre-la-montre en côte à Saint-Etienne, devrait effectuer un tri impitoyable à l’heure de désigner le lauréat.
Un rapide survol de la liste des anciens vainqueurs accrédite la superstition que tous les dix ans, la petite reine couronne un pur grimpeur, tel le Belge Lucien Van Impe en 1976 ou l’Espagnol Pedro Delgado en 1987.
Pour brouiller encore un peu plus les cartes, les deux meilleurs adeptes de la montagne, Marco Pantani et Richard Virenque, ont été rattrapés par des ennuis de santé ou par la poisse.
L’Italien, sans doute le plus doué des avaleurs de cols, a brutalement quitté le Giro sur une chute spectaculaire et pourrait ne pas avoir retrouvé son coup de pédale dévastateur lorsque le Tour atteindra les Pyrénées le 14 juillet.
Et pourquoi pas Riis?
Roi de la montagne de 1994 à 1996, le Français, troisième l’an passé, a vu sa préparation perturbée par une opération dentaire au mois de mai.
Quant à Ivan Gotti, un autre partisan des explications au sommet, aura-t-il récupéré de sa victoire dans le Tour d’Italie? Rien n’est moins sûr même si le petit Bergamasque affirme avoir découvert qu’il avait tout d’un grand champion.
Dans l’ordre alphabétique, Alex Zülle figure tout en bas de la liste des favoris. En revanche, au palmarès des malheurs, l’Helvète figure en tête de liste aux côtés de Pantani.
Victime d’une chute dans le Tour de Suisse, Zülle se remet d’une fracture de la clavicule.
Les malheurs des autres pourraient faire le bonheur de l’Espagnol Abraham Olano.
Le champion du monde 1995, héritier désigné de Miguel Indurain, a pris la place du Navarrais au sein de l’équipe Banesto. Il ne lui reste plus qu’à prendre celle qu’il occupa pendant cinq ans sur le podium des Champs-Elysées.
Ses desseins ne devraient pas être contrariés par les Français Luc Leblanc et Laurent Jalabert, deux coureurs doués mais auxquels il manque ce petit rien qui fait les grands champions.
Quant à Chris Boardman, candidat au premier maillot jaune, il ne semble pas capable de venir se mêler à la guerre des cols, malgré tous les efforts consentis cette saison.
Au total, seul Riis réunit la force, l’expérience et le talent nécessaire à remporter le Tour de France dont la deuxième semaine sera déterminante avec le franchissement des Pyrénées, un CLM à Saint-Etienne, et le passage des Alpes.
Dans ce combat de géants, Ullrich a démontré qu’il était de taille à se faire entendre, d’autant que les organisateurs ont prévu un contre-la-montre de 63 km à la veille de l’arrivée à Paris.


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