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Actualités - Chronologie

Législatives et régionales dimanche Les mexicains tentés par l'alternance

Fatigués par 68 ans de pouvoir sans partage, appauvris par la crise économique et la corruption, les Mexicains semblent déterminés à voter pour le changement lors des élections législatives et régionales organisées dimanche.
Les sondages montrent que le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Ernesto Zedillo est en passe de perdre, pour la première fois depuis 68 ans, la majorité absolue au Congrès. Il devrait aussi perdre la municipalité de Mexico, dont le maire sera élu pour la première fois au suffrage universel.
Plus qu’un glissement de l’électorat vers la gauche ou la droite, la défaite annoncée du PRI marque la lassitude des Mexicains, qui, estiment les observateurs, souhaitent s’en débarrasser.
Le PRI, depuis un temps inégalé par aucune autre démocratie au monde, détient la présidence, le contrôle des deux chambres du Congrès, gouverne 27 des 31 Etats, dirige 61% des mairies et 58% des conseils régionaux du pays. L’opposition n’a remporté qu’il y a sept ans son premier gouvernorat et n’a jamais contrôlé la Chambre, encore moins la présidence.
L’opposition conservatrice illustrée par le Parti d’action nationale (PAN), qui table sur le profond désir des Mexicains d’avoir un véritable système pluraliste, a multiplié les messages à la radio sur le thème: «Votez pour le changement, votez pour le PAN».
A gauche, le Parti de la révolution démocratique (PRD) invite les électeurs à en finir avec ce qu’il appelle «la longue nuit de ténèbres» et à choisir le soleil, l’emblème de la formation.
La dureté de la vie quotidienne devrait peser lourd dans les urnes. La désastreuse dévaluation du peso, qui, en décembre 1994, a précipité le pays dans sa pire crise économique depuis les années 1930, fait encore sentir ses effets.
«Nous nous souvenons comment le PRI nous a dit, pendant la campagne (pour la présidentielle) de 1994, que si nous votions pour l’opposition, nous aurions la dévaluation et la crise», commente l’avocat Guillermo Sanchez. «La prédiction était juste, sauf qu’il s’agissait d’un gouvernement du PRI».

«Irrémédiablement
corrompu»

C’est là que la stratégie du PRI blesse, ces derniers temps.
«Le PRI a effectivement fait peur aux électeurs en 1994 en jouant sur la crainte d’une instabilité», dit un diplomate européen. «Cette fois, cela ne marchera pas car le PRI lui-même est vu comme une source majeure d’instabilité».
Au sein du PRI, les rigoristes comme le gouverneur de l’Etat de Puebla, Manuel Bartlett, ont menacé les électeurs d’une «tragédie nationale» et d’un chaos au Congrès si le PAN l’emportait. Mais peu de Mexicains semblent l’avoir entendu.
Le président Zedillo a accéléré le rythme de ses déplacements en province, donnant des conférences sur les dangers des «faux prophètes», des «démagogues» et des personnes qui promettent de «changer tout, en une nuit, comme par magie».
Mais si les sondages montrent un respect de l’électorat pour la personnalité du chef de l’Etat, qui jouit d’une popularité de 55 à 65%, il est peu probable qu’il se traduise par un vote en faveur du PRI.
Sans compter que le PRD a répliqué avec un spot télévisé percutant, dans lequel une jeune femme demande: «Qui dit que nous ne pouvons pas changer les choses en une nuit? Si nous nous débarrassons de tous les fonctionnaires corrompus au sein du gouvernement, bien sûr que les choses s’arrangeront immédiatement».
Tout aussi efficaces sont les «affaires» à sensation révélées ces deux dernières années par les médias nationaux sur la corruption au plus haut degré de l’administration du prédécesseur de Zedillo, l’ex-président Carlos Salinas de Gortari.
«Zedillo pourrait essayer de diriger un gouvernement plus propre et punir les péchés du passé», dit le même diplomate européen. «Mais l’effet à court terme de ce qu’il fait ne fait que confirmer la perception populaire, à savoir que le PRI est irrémédiablement corrompu».
Le PRI est aussi en train de perdre ses alliés dans la presse. Les journaux et la télévision, traditionnellement tout à la dévotion du gouvernement, sont devenus méconnaissables. Non seulement ils accordent davantage d’attention à l’opposition mais ils s’ouvrent à des analyses et des commentaires au ton plus indépendant. (Reuter)
Fatigués par 68 ans de pouvoir sans partage, appauvris par la crise économique et la corruption, les Mexicains semblent déterminés à voter pour le changement lors des élections législatives et régionales organisées dimanche.Les sondages montrent que le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Ernesto Zedillo est en passe de perdre, pour la première fois depuis 68 ans, la majorité absolue au Congrès. Il devrait aussi perdre la municipalité de Mexico, dont le maire sera élu pour la première fois au suffrage universel.Plus qu’un glissement de l’électorat vers la gauche ou la droite, la défaite annoncée du PRI marque la lassitude des Mexicains, qui, estiment les observateurs, souhaitent s’en débarrasser.Le PRI, depuis un temps inégalé par aucune autre démocratie au monde, détient la présidence,...